dimanche 29 octobre 2006

LPCMI 2006: M et N comme...

M comme Moment(s) Magique(s)

Il y en a eu quelques uns cet été. Pour mémoire, je citerai dans l’ordre chronologique le 9 juillet. Mon anniversaire, certes, que nous fêtâmes avec Elsa à St Florent, petite cité balnéaire pour laquelle j’éprouve une affection particulière. Je garde en outre d’excellents souvenirs de gueuletons intimes au « Petit Caporal » en plein hiver, loin de la furia touristique. Là, c’est un bain de foule que nous sommes venus chercher. Attablés à l’Hotel de l’Europe (tenu par les ex-proprios du Petit Caporal, d’où notre présence), nous dégustons des fruits de mer et autres poissons en suivant la finale de la Coupe du Monde de football. En guise de cadeau, l’équipe de France m’offre une défaite à laquelle j’avais fini par ne plus croire. Merci !

Rappelons nous aussi de l’après-midi improvisée à Bastia avec Elsa, qui sortait tout juste de son boulot au Conseil Général, et le couple Nico/Sophie. Un gros Saint Pierre dégusté à quatre lors d’un dîner sur le vieux port, suivi une glace monstrueuse chez Raugi, le maître Bastiais, à la nuit tombée, nous avaient fait passer une journée superbe.


Nico, Sophie, et Elsa, et mon ex phone portable, prennent la pose sur le vieux port de Bastia.

Enfin, le concert des Muvrini à Levie, au coeur de l’Alta Rocca, garde une place à part. Sous le ciel étoilé, derrière l’église du village, les voix mêlées des frangins Bernardini, le spectacle de lumières (le même qu’à Bercy) furent comme d’habitude de haut vol. C’est sûr, c’est une ambiance différente des Chjami Aghjalesi au col de Pratu, c’est plus « grand public », c’est plus « commercial ». Et puis après ? L’émotion était en tous cas au rendez vous, et je dois avouer que quelques morceaux m’ont donné la chair de poule, voire des frissons. J’ai retrouvé des sensations d’adolescent, vécues à Felce, pour le « Giru 1992 » de l’album « Noi ». Quand on dit que la musique fait voyager dans le temps…

M comme Mathieu

Je connaissais un peu Mathieu avant de bosser avec lui à Zonza*. Nous partagions, avant ce séjour fructueux d’un point de vue de l’amitié, le même conseiller de stage BE (Manu pour ne pas le nommer), un penchant certain pour les réputations sulfureuses et un goût immodéré pour les blagues les plus grasses.

Deux mois plus tard, nous avons tant de choses en commun : un dégoût tout aussi immodéré de l’eau de la Purcaraccia**, la même vision des gens qu’il « considère comme inutiles », et « c’est tout ce qu’ [il a] à leur dire », et bien sûr des centaines de moments de bonheur, vécus dans les canyons, dans notre chambre, sur (ou sous ?) un quad*, ou encore dans notre antique grenier qui servait de pièce de vie commune.

Excellent grimpeur, beau gosse, provocateur hors pair, il est difficile de résumer ce bouillonnant camarade de jeu âgé d’un quart de siècle en une seule phrase. Si je devais me risquer à cet exercice, je citerais l’intéressé :

« On a beau parler de l’égalité des sexes, une femme, quand elle a 17 cm de viande dans le col de l’utérus, c’est l’être le plus soumis du monde ».


L’incorrigible Mathieu Blanchard, un fantastique compagnon capable de friser la poésie comme de déborder de grossièreté : un type en or !

M comme Mouskif

Beau petit félin que cet amusant animal. Tantôt joueur, tantôt calme, tantôt presque bestial, il s’est défait de tous les garde-fous de son maître (et geôlier), le Foué* pour réussir à s’échapper de son grenier sous les tuiles, au prix d’acrobaties incroyables. Je l’aime bien, moi, Mouskif.

N comme Nerveux

J’ai la réputation d’être nerveux, voire très nerveux. Une habitude, une façon d’être. Ma nature méditerranéenne, mon côté sanguin. Elsa me le reproche assez souvent, je ne le nie pas. Mon expérience en montagne s’étant jusqu’alors faite en très grande partie avec des gens compétents et ponctuels, il a fallu un temps d’adaptation. Voir une demi douzaine de clients arriver avec trois quarts d’heure de retard un jour où l’orage* est prévu pour la mi journée a de quoi me mettre hors de moi. Il m’arrive de ne me relâcher envers ces retardataires qu’en milieu de canyon…

Un matin, cela faisait deux jours consécutifs que mes clients se pointaient au local systématiquement les derniers. Il m’en manquait un paquet. Lorsqu’une partie se présente, il n’est pourtant que huit heures et quart à peine sonnées. Je rugis :

« Il est 817 ! Vous êtes en retard ! »
- Désolé, on croyait que c’était 8h30
- La ponctualité est une qualité !

Le Foué*, toujours zen, et qui passait par là les bras chargés de baudriers, intervint de façon imparable pour désamorcer mon courroux.

- La patience aussi, Romain.

Nous partîmes dans un grand éclat de rire tant cette réplique m’avait cloué, comme un magnifique coup droit décroisé le long de la ligne. Je n’avais même pas eu le temps de bouger. J’ai regardé la balle fuser, bouche bée… 15-0 pour « La vache placide de Bavella »***…


Une image rare : le L totalement détendu, calme, zen. Un cliché qui fera date.

** Voir "V comme Vomir", pour changer
*** Voir "S comme Surnoms"

vendredi 27 octobre 2006

LPCMI 2006: I,J,K,L comme...

I comme Incompréhensible

Comme dirait le Foué*, avoir son corps pendu à 40m du sol n’est pas une situation normale pour un être humain. Ainsi, il peut avoir des réactions totalement imprévisibles. En formation du BE, l’une des premières choses que l’on apprend est de ne jamais faire confiance à un client. Le Jouy, que j’ai eu par téléphone* hier alors qu’il finissait sa toute première journée de Fondamentaux à l’ENSA (le tout début de la formation d’Aspi), s’est entendu dire que « Les clients vont tout vous faire, même ce que vous n’aurez pas prévu ». Comme c’est vrai !

Pour ne citer que deux exemples, je me souviens d’un client (gérant une entreprise) ne sachant plus faire la distinction entre son pied gauche et son pied droit.
« Avance ton pied gauche, gauche, gauche, non gauche, l’autre gauche ! »

Mieux, une jeune et charmante expert comptable de 25 ans, venue avec son compagnon, m’a surpris comme je ne pensais plus pouvoir l’être. Au départ du canyon, les gens enfilent leur combinaison, puis leur baudrier. En général, ils s’en sortent plutôt correctement, je ne les abreuve donc pas d’instructions particulières pour ce faire. Je passe ensuite en revue chaque individu, vérifie le serrage des boucles, effectue les retours manquants, ajuste les cuisses, etc… Eh bien cette jeune femme était la seule parmi la douzaine à avoir enfilé son harnais comme un pull, les bras dans les sangles des jambes ! Tout le monde avait un baudrier à la taille, et elle ne s’est pas posé de question ! Et c’était pourtant une fille brillante ! Je n’ai pas pu réprimer un fou rire, expliquant ensuite à la miss que quand on nous dit que nos clients arriveront toujours à nous présenter une situation inédite, que l’on croyait impossible, eh bien c’est vrai ! Elle en était la preuve vivante…

Un « cheptel » de clients, toujours prêts à tout pour surprendre le jeune (et parfois moins jeune) moniteur…

J comme Jérôme

Basé à Bavella au niveau du Parc Aventures, le « divin chauve » est un camarade hyper attachant. Compagnon du beau Jean Pi, dont le cheveu frisé et les lunettes vissées sur le crâne sont la marque de fabrique, ces deux là font les beaux jours de la Via Ferrata de Bavella. Jérôme a également filé un coup de main au local, à l’inscription des gens en canyon. Son efficacité était redoutable, il remplissait les groupes

comme d’autres des verres à l’apéro. Apéro où il n’était d’ailleurs pas en reste. La compétence de Jérôme, ses qualités humaines en ont fait un bon ambassadeur de Corsica Madness* auprès de la clientèle. Sophie* en a parfois pris ombrage…

K comme Kroast

Vous connaissez les « Krisprolls », ces petits pains grillés Suédois du petit déjeuner ? Ben les « Kroast », c’est les mêmes, sauf qu’ils viennent pas de Suède mais de Casino… Ils ont la faculté de faire pousser les épaules de façon anormale, si l’on en juge la quantité industrielle que le Foué était capable d’ingurgiter !

L comme Lâche !

Il me cherchait un peu depuis le matin. Adepte du mauvais esprit, le dénommé « Boudiasse ». Taquins, lui et sa clique de jeunes Kinés. Sympas les bougres, mais le « Boudiasse » était bougon. Aussi, quand arrive le « rappel* d’initiation », après les deux premiers toboggans de la Purcaraccia, j’ai l’occasion de voir le larron à l’œuvre, corde en main. Un rappel* que je règle volontairement trop court, pour que les gens finissent en tombant dans une petite vasque, sans avoir à manœuvrer leur 8 dans l’eau, ce qui est pénible pour eux et chronophage pour tout le monde. Mais voilà, notre ami refusait de lâcher la corde. Elle ne dépassait du 8 que d’une dizaine de centimètres, de quoi placer une main. L’autre main était « au dessus », ce que je déconseillais à mes clients débutants.


« Lâche la corde, lâche, lâche, lâche ! » lui dis-je d’un ton allant en s’énervant, répétant sans cesse l’instruction de base qui était de lâcher cette p… de corde. Rien n’y faisait, ce grand bonhomme déguingandé faisait remonter la corde centimètre par centimètre, jusqu’à ce que sa main se « fasse bouffer » par le 8. J’ai vu son visage se crisper.

- Lâche bordel, tu vas lâcher oui !


Je perdais ma patience déjà bien maigre… Je réitérais mon injonction, en hurlant cette fois !

Il finit par obtempérer en laissant échapper un petit piaillement, et s’écrasa dans l’eau. Je me mis à hurler de toutes mes forces :

- Quand je dis lâche, tu lâches !

Je ne me serais pas forcément souvenu de ce petit épisode si le Foué*, parti plus tard avec son groupe, et qui se trouvait encore sur la marche d’approche au moment des faits, ne m’en avait fait part. Il a, de l’autre côté du canyon (en rive gauche) et sur un sentier escarpé, parfaitement entendu mon dernier coup de gueule, qu’il m’a cité mot pour mot le soir au souper. Des fois il faudrait que je me calme…


A suivre...

mercredi 25 octobre 2006

LPCMI 2006: G et H comme...

G comme Grimpe

Ce fut bref cet été… Entre l’entraînement à la course à pied, les jours de repos au village, j’ai très peu grimpé. Passons sur la petite séance de bloc à Petreto en compagnie des deux mutants qui adorent cette discipline. Je ne me transcende qu’en falaise, mon arme étant la combativité, pas la force pure… Notons au passage une très belle journée à la Pointe des Sept Lacs fin août, avec Sophie Di Sante dans le rôle du second habituellement dévolu à Viguen. Une magnifique escalade (parfois engagée en dalle) avec les eaux bleus du Capitello en toile de fond. Et un retour alpin, avec assurage en mouvement de la « Brillant Brunette » sur des boucliers granitiques immenses. Un passage un peu technique à la brèche de Sorbo, puis en face Nord, superbe de solitude et de silence. Une descente dans un pierrier austère jusqu’au lac, ses dégradés de bleu incroyables, et la chaleur de l’astre du jour. Cependant, le plus bel instant grimpe restera pour moi, après une tumultueuse et bruyante journée en canyon, le repérage, un soir d’été, à Bavella, d’une mini grande voie pour clients, en compagnie de Mathieu* Blanchard.

Nous vécûmes là un moment exceptionnel de douceur de vivre, de mélange de couleurs, de beauté minérale. Un repérage en solo intégral de la falaise de Margherita, sous les yeux médusés d’une grimpeuse transalpine pendue dans sa corde en moulinette, puis trois longueurs en baskés, anneaux autour du buste, dans une ambiance particulière, indescriptible. Des moments où le bonheur était palpable. Nous étions au cœur d’un site déserté par les touristes à cette heure avancée. Derrière nous, les aiguilles rougissaient au soleil couchant ; en face, le massif des Paliri, où le granite ocre se mêle au vert intense des pins laricci. Au loin, de part et d’autre, à perte de vue, la mer. Un sentiment d’insularité fort, l’impression de faire corps avec l’île, d’être la Corse. Au sommet de la Grande Dalle, un panorama magique s’offrit à nous ; si ce n’était pas le Paradis ça y ressemblait fichtrement. La petite polaire se supportait tout à fait, une légère brise berçait nos visages. Le calme était apaisant. Nous avons posé un rappel* en fil d’araignée, puis nous nous sommes offert un 6b en baskés pour découvrir un autre amarrage plus simple d’accès. Un moment d’amitié aussi, de partage, de discussion. Sans jamais chier dans la bouche de la mère de l’autre, dois-je préciser. Ca change ! Et c’était bien. Relaxés, nous avons, ce soir là, trouvé François énervé voire presque agressif : c’est dire si nous étions en paix !


Sortie du dièdre raide, place à de la dalle sur les pieds à la Pointe des Sept Lacs. L’unique grande voie en Corse cet été…

G comme Guide de Haute Montagne

J’ ai croisé un guide très sympa à la Purcaraccia. Un métier de seigneur, auquel est depuis peu promis notre jeune ami le Jouy, ce qui nous ré-jouit, si je peux me permettre ce médiocre jeu de mots. Mais là n’est pas le propos. Je me fais accoster par un guide de Méribel donc, avec son client. J’en ai moi-même une douzaine. Après avoir discuté le bout de gras avec ce sympathique personnage, je vois qu’ils n’ont pas le matos adapté. Normal, mon interlocuteur m’explique qu’ils sont venus en voyage grimpe, et qu’ils ont profité d’une journée de battement pour s’offrir ce beau canyon. De façon générale, il n’a que des clients avec qui il part en voyage, parfois plusieurs semaines, en expé au Népal par exemple. Le rêve !

Je leur propose, puisqu’ils sont deux, de mettre mes cordes en place et de les en faire bénéficier avant mon groupe, pour qu’on ne les gêne pas. Le guide décline poliment et lance son rappel vert de 8mm dans le vide. Cette corde inadaptée tombe dans une marmite et s’emmêle instantanément. Il en résulte une plâtrée de nouilles absolument inextricable. Il remonte la corde, c’est une pelote géante avec laquelle aimerait sûrement s’amuser un gros chat… Il en a pour l’après midi à défaire les nœuds ! Je réitère mon offre, qu’il accepte cette fois volontiers. Il range sa « boule verte » dans son sac. Mes cordes sont en place en deux petites minutes, habitude oblige. J’en profite pour lui indiquer les deux toboggans du bas, que l’on ne peut pas deviner lorsqu’on découvre le canyon, ce qui est son cas. Bien content de bénéficier des conseils d’un « ouvrier de la Purca », il me remercie chaleureusement.
Je lui promets de faire descendre son client, en échange de quoi je lui demande de bien vouloir contre-assurer du bas le premier de mon groupe. Il accepte volontiers.

« Qui c’est, tu le connais ? » me demandent certains de mes clients.
- Non pas du tout, mais c’est un Guide de Haute Montagne d’une région que je connais bien.

Je vante en quelques mots ce diplôme mythique aux quelques curieux de mon groupe.
Je prends le temps de mettre notre nouvel ami en garde : l’approche du rappel est très glissante, surtout avec ses baskés. Il installe son système de freinage puis, me voyant debout dans la pente en 5-10, me rejoint sans trop se méfier : la sanction fut imparable : zip, vol plané, et retour fracassant sur le flanc droit, pendu à la corde. Le « public » a eu peur pour lui, et j’avoue que ce n’est pas tous les jours que l’on voit un guide s’étaler de tout son long ! Cela n’a par contre pas du tout entamé la bonne humeur de ce montagnard à médaille qui n’avait vraiment pas le ton hautain de certains de ses camarades corporatistes… J’ai promis de passer le voir l’hiver prochain au bureau de Méribel.

H comme Hassan

Authentique homme à tout faire d’Henri, ce garçon est d’une grande gentillesse. Véritable bricole tout, il peut repeindre une pièce, refaire un toit, nous offrir des salades, et même jouer la comédie en feignant de faire rôtir des poulets à Pagliacciu devant des hôtes émerveillés…

H comme Hommage

Le plus beau compliment que l’on m’ait fait cet été émane de François Chopard : je le cite avec le plus de précision possible et vous laisse en juger… la violence !

« La première fois que l’on rencontre Romain et que l’on discute avec lui, normalement, on vomit ».

Je crois que c’est tellement émouvant que cela se passe de commentaires !

H comme Henri

L’homme de Zonza*. A tout juste 50 ans, Henri Santoni est une pile électrique. Personnage multifacettes, charcutier l’hiver, AMM l’été, homme d’affaires 24h/24, Henri brasse sans arrêt, bouillonne d’idées pour développer ses activités, et se dit toujours endetté : « Quand j’ai 10 euros, j’investis 12 ! ». Le mollet dodu, le cheveu rare mais long et frisé, le sourire charmeur, Henri n’est pas loin de posséder la moitié de son village natal. Cela lui vaut sans doute quelques inimités (on est en Corse !) mais aussi le respect de tous. Son tissu relationnel est aussi dense que le réseau des transports en commun à New York et son goût pour le théâtre dans les négociations n’est pas feint. Si nous nous sommes parfois affrontés amicalement pour des histoires de météo, d’orages*, d’annulations ou de reports de sorties, je dois dire que j’ai « accroché » avec le bonhomme. Grand cœur, bon vivant, parfois flambeur (il faut le voir déambuler dans Zonza* au volant de son PT Cruiser cabriolet, un bon vieux Jim Morrisson hurlant dans les hauts parleurs de la stéréo), il m’est apparu réglo en affaires. Henri a également depuis peu goûté aux joies de la paternité... Un homme à qui tout semble réussir !

A suivre...

dimanche 22 octobre 2006

LPCMI 2006: E et F comme...

E comme Echec

Le gros échec de l’été, celui qui me rendra presque malade, c’est l’acte manquée de la « Cullata di u San Petrone », mythique épreuve sur le culmen de la Castagniccia, chez moi. Un truc qui me tient un peu bêtement mais particulièrement à cœur depuis quelques années. 4ème en 2000 en étant le seul coureur à m’insérer dans un classement dominé par une huitaine de légionnaires affûtés venus de Calvi, j’ai remporté l’épreuve, un peu à la surprise générale, en 2004.

Amoureux de ce parcours taillé pour moi avec de la pente et peu de portions « roulantes », j’ai pour habitude d’y donner rendez-vous à mes amis du village, à ma famille, pour que cette souffrance soit un bonheur partagé. J’aime me battre et me faire péter le caisson sous les châtaigniers, j’aime être en forme, me sentir faire mal aux autres concurrents, j’aime le pierrier aride sous le sommet, en plein cagnard. J’aime enfin l’ambiance bon enfant qui règne dans l’aire d’arrivée, les « paghjelle » en fond sonore, les amis du canton venus se divertir, le folklore ambiant, les ateliers de la « Fiera », les animaux, les produits locaux, les beignets que je m’offre après l’effort. J’aime cette foire estivale qui se tient tous les ans le dernier week-end de juillet, au col de Pratu , un haut lieu de mon enfance.


Le L seul au sommet du San Petrone. Deux mois d’entraînement jetés à la poubelle…Même si Jipé pense que « s’entraîner à mort, et finalement, ne pas courir, c’est beau, c’est romantique », je n’ai toujours pas digéré cet accroc dans mes projets…

Battu l’an passé, j’avais toutefois descendu mon chrono de près de 2 minutes et terminé sur le podium. Le niveau était monté d’un cran, avec notamment la présence d’un vainqueur de « l’Interlacs », la course Corse de référence. A la lutte avec mes deux prédécesseurs à la montée, j’étais passé au sommet moins de 45’’ après le futur vainqueur, en 46’35. L’explication allait se poursuivre à la descente. Une chute à pleine vitesse m’avait définitivement empêché de défendre mon « titre ». Je m’étais promis, et je l’avais annoncé au micro après la course, de revenir plus fort en 2006. Et j’ai tenu parole. J’étais prêt. Dès la fin du mois de mai, à Grenoble, je m’entraîne, fais du foncier sur du plat : il s’agit de choper du rythme ! Avant de partir, je monte à la Bastille, un petit chrono pour voir : sans forcer à outre mesure, et surtout sans y croire, je m’approche à 8’’ de mon record. En Corse, je fais deux montées en une semaine au San Petrone, pour repérer. La première avec un sac à dos, la seconde à vide, et je fais le meilleur temps jamais réalisé à l’entraînement. En disposant d’une bonne marge. A Zonza*, après le travail en canyon, je pars courir dans la montagne. Au refuge des Paliri à Bavella, ou sur les sentiers de l’Alta Rocca, notamment ceux de Levie. 44’ au lieu des 3h annoncés pour le quidam, le tout en déroulant, sans jamais être trop mal : la foulée est ample, je prends du plaisir. Je repense aux dires du S quand nous parlions de cette activité ingrate. Je ressens le bien être qui était le sien quand, au top de sa forme, il courait quotidiennement à un rythme infernal, se sentant presque voler… En somme, je me fais une joie d’en découdre dimanche, sur mes terres.

Un changement de programme inédit depuis la création de l’épreuve (qui avait traditionnellement toujours lieu le dimanche du week-end « à cheval » entre juillet et août) et la disparition de mon téléphone* m’ont fait rater ce rendez-vous cher à mon cœur. J’aurais préféré courir et faire 10ème que d’être frustré comme cela. Au final, après la lecture des résultats dans le journal, je prends mon vélo, que je n’ai pas touché depuis un mois et, de rage, me lance dans un contre la montre « test » autour de chez moi : une côte de 5km que je parcours, montre en main depuis l’enfance. J’explose le record de plus de 25’’… un record qui datait de 2005, quelques jours après ma course. De quoi raviver mes regrets…

F comme Frayeur

Un grand moment rétrospectivement, mais une bonne décharge d’adrénaline sur le coup. Saut de 9m à la Vacca*. En charge d’un gros groupe, Mat et moi nous répartissons la besogne. Je gère les descentes sur corde, pendant qu’il s’occupe de faire sauter les plus audacieux. Je dispose, soit d’un rappel* classique dans la fissure dièdre évasée à droite du bloc, soit de l’option plus ludique du trou noir où il faut se glisser, avant de se faire mouliner dans l’obscurité et dans le vide pour atteindre l’eau de ce qu’il convient d’appeler une grotte. De là, les clients se délongent et regagnent la vasque extérieure en nageant, prenant bien garde de ne pas recevoir sur la tête un hurluberlu en plein vol.

Mathieu* fait donc sauter les plus dégourdis pour ce que nous appelons le « gros saut » du canyon. Il est évident que nous n’envoyons personne au 16m, encore moins au 24 ! Comme cela arrive toujours, Mat doit composer avec des gens plus ou moins à l’aise au niveau de la prise d’appel, qui s’avère cruciale. Une boule glissante qui pose problèmes aux sédentaires peu habitués aux activités motrices. Un de ses clients vient de se rater et de partir en glisse… En l’air, il a logiquement pivoté, et s’est écrasé plat dos dans la vasque. Souffle coupé, paniqué, il est secouru par les autres clients déjà en bas. Ils l’escortent jusqu’aux parois bordant ce magnifique bief. Mat gère la « crise » du haut du bloc, s’assurant que le malheureux ne souffre de rien de grave et hurlant des instructions aux « sauveteurs » improvisés : « Mettez le sur le dos, nagez avec lui, emmenez le ! ». De mon côté, j’ai longé un adulte légèrement grassouillet à ma corde de « va et vient » monté sur demi cabestan, et voilà mon gus qui s’engouffre, comme d’autres avant lui, dans le trou noir. Alors que les jambes et la moitié du tronc pendent déjà dans le vide de la grotte, il se coince le haut du bide et se met à hurler. Je le pousse doucement pour qu’il tombe dans le trou comme prévu, rien, il beugle de plus belle :

« Je suis coincé ! Aaaaaaaah ! ». Merde.

- Mat, tu peux venir deux secondes, j’ai besoin d’un petit coup de main…

dis-je d’une voix que je veux le plus calme possible. Son sauteur en herbe semble récupérer doucement, mais on pourrait croire que Mat a pris un coup de vieux lorsqu’il me rejoint. Nous tentons de remonter l’infortuné hexcentrique humain : rien à faire, les trois quarts de son corps sont déjà plein gaz. Il crie à nouveau. Merde ! Pendant que je gère la corde, Mat force son bras gauche à passer dans un trou de souris, alors que l’homme, affolé, halète fortement. Bras gauche le long du corps, non sans efforts, nous le glissons doucement et pop ! il disparaît d’un coup dans le trou comme un suppositoire dans un anus beurré de Mytosil. Entre un saut raté et son évacuation improvisée d’un côté, les cris de terreur de l’ « homme-friend » taille 50 de l’autre, je peux vous assurer que la personne suivante ne mouftait pas à l’approche de l’obstacle…

F comme Flèche

Le but principal. La flèche, la maille, l’oseille, trois termes qui désignent une même chose : la seule en fait qui permet d’accepter d’être tous les jours de sortie avec des débutants parfois complètement hors de forme. Encadrer bénévolement de temps en temps, c’est bien, mais « faire de la flèche », c’est quand même plus motivant !

F comme Foué

Difficile de parler du Foué sans tomber dans la redondance, car tout semble déjà avoir été dit sur l’enfant Meylanais… On sait que l’on peut garer un 38 tonnes à l’ombre de son torse surdéveloppé, on sait que c’est un véritable jukebox à anecdotes*, on sait qu’il est beau, charismatique, qu’il mène la barque du GUCEM depuis de nombreuses années aux frais des ASSEDICS, on sait qu’il vénère le bloc autant qu’il abhorre la montagne… Que dire de plus ?

Que c’est un bon professionnel, un « jeune moniteur », qu’il a le contact agréable avec les client(e)s, qu’il garde son calme et qu’il n’est jamais pressé. Doté d’un bagout naturel cinq étoiles, il a été d’une aide précieuse pour désamorcer quelques conflits internes opposant parfois Mat à Sophie*. Sa présence en revanche lors de conversations musclées avec Henri concernant la météo n’a pas toujours été assurée, comme le lui ont parfois reproché ses deux acolytes, meneurs de la « fronde ».

Excellent cuisinier, il a souvent pris en main les hyper-caloriques repas du soir, ceux qui permettent de tenir le lendemain. Il est vrai qu’un kg de spaghetti bolognaises maison après une bonne soupe de poissons (pêchés par ses soins s’il vous plaît) font plus pour le corps humain qu’un bol de café agrémenté de trois maigres « kroast » et un sachet fraîcheur de gâteaux secs « Gerblé », notre « pain quotidien » habituel.

A suivre...

samedi 21 octobre 2006

LPCMI 2006: C et D comme...

C comme Consignes

Du briefing général aux consignes spécifiques à chaque obstacle, le discours était bien réglé. Du mythique « Vous avez tous, sans exception, des chaussures de merde » au « Attention… ça glisse ! » que les clients reprenaient en cœur en passant par le sobre et classique « C’est beau… on avance !», nous avons pu constater qu’en moyenne, un client sur deux ne prête pas attention aux instructions même les plus élémentaires.

Je me souviens d’un médecin au premier saut de la Vacca* :

« C’est très simple : tu te concentres uniquement sur l’appel, à un pied. Tu pousses sur un pied, pas à pieds joints. Tu es dynamique, tu me fais un saut volontaire, agressif »

- Ok, c’est bon, j’ai bien compris. J’y vais ?

- Quand tu veux…

Et le sympathique bonhomme de venir mourir au ras du bloc après un appel des plus mous, pris à pieds joints…


Votre serviteur donnant les fameuses consignes lors de l’enchaînement des 3 vasques suspendues au canyon de la Purcaraccia.

C comme Corsica Madness

CENSURE PAR LE CSA (Comité de Sauvegarde des Apports en euros)

C comme Craquage(s)

Ils furent nombreux, en privé ou avec des clients. La faute, il faut bien l’avouer, à un Mat Blanchard particulièrement en forme et à un Foué* égal à lui même ce qui veut tout dire. Entre les reprises en cœur et en public des plus grands tubes de Gainsbarre (« Je vais et je viens… » ou pire « Love on the beat »), les amabilités faites à nos mères respectives (CENSORED), la violence a atteint un niveau intolérable pour les gens sains d’esprit.

Heureusement, il y a bien longtemps que nous avons perdu le notre et sommes rodés à ce genre de connerie ; voir la pastille anale d’un Mat accroupi s’approcher dangereusement du visage désolé du Foué*, dérangé en pleine séance d’étirements dorsaux, fut un grand moment dont peu de gens seraient à même de comprendre le sens profond (et c’est tant mieux).

D comme Dégueulasse

Trois mecs qui vivent seuls, à force, forcément, ça devient crade. De plus, tout était prédisposé pour que les choses tournent au carnage : un grenier en guise de salle à manger, pas d’eau courante, trois types dont l’humour douteux a donné la nausée à plusieurs générations d’étudiants grenoblois, une abstinence forcée…

Je garde à l’esprit quelques clichés de notre vie commune : le grenier tout d’abord ; y passer le plus clair de son temps libre n’est pas chose commune dans une habitation « normale ». Amoureusement aménagé par notre « maman » adoptive, François, nous disposions, dans cet espace au plancher poussiéreux et situé directement sous la charpente tuilée, de deux « pièces ». La première comportait une cuisinière, un « micro-zonza », une table en bois assortie de quatre chaises ; le mobilier « Louis XV » de la seconde se composait d’une table basse et de deux vieux fauteuils, au milieu d’un bric à brac de vieilleries appartenant à Henri.

Comme je l’ai dit, l’eau courante n’était pas disponible, ce qui rendait les tâches les plus simples vite pénibles.. Vider son bol le matin, l’eau de cuisson des pâtes, ou faire un brin de vaisselle était donc impossible. Nous avions une bassine remplie d’un jus marronnâtre fait de liquides divers, servant de « tout à l’égout », et passant généralement une petite semaine avant d’être trimballée, pleine à ras bord d’une mixture putride, jusqu’aux toilettes de notre modeste logis pour être enfin vidée.

Autre moment fort de l’été, la dégustation de l’eau de la Purcaraccia, enrichie aux oligo-excréments. Cela mérite le détour, nous y reviendrons plus longuement**.

De façon quotidienne, les petits gestes, les banalités versaient aussi parfois dans le cradoc. Jugez plutôt : Un mince rideau de tissu séparait notre modeste salle de bains de la chambre royale du Foué*. Salle de bain comprenant évidemment le chiotte, exiguïté oblige. Il n’était pas rare, le matin, de se laver les dents à moins d’un mètre d’un collègue déféquant lourdement, lâchant par instants un petit râle de plaisir alors qu’un étron gigantesque et odorant venait de quitter la rade anale pour prendre le large… J’ai même souvenir, puisque vous semblez en vouloir encore, de mes collègues me demandant de faire couler l’eau du lavabo tant la diarrhée violente dont j’étais victime suite à l’ingestion d’eau de torrent** représentait non seulement une puanteur sans nom, mais aussi une nuisance sonore intolérable…

A suivre...

** Voir "V comme Vomir"

jeudi 19 octobre 2006

LPCMI 2006: A et B comme...

A comme Anecdote(s)

Difficile d’y couper quand on passe ses journées d’été en compagnie de plus de 300 clients d’horizons différents, et ses soirées auprès de l’intarissable Foué* Chopard plus connu sous le nom de « Machine à anecdotes ». Elles ont été nombreuses et je promets de vous en livrer les plus belles dans la suite de ces lignes.


Foué, l’homme aux milles anecdotes, ne se sépare que rarement de son sourire charmeur. Dans sa couchette, Mat Blanchard, regard angélique, cache bien son jeu…

A comme Alta Rock Café

La propriété d’Henri, comme tant de choses à Zonza*. Cet été, il en a confié la gestion à Caro. Idéalement placé au cœur du village, l’Alta Rock ne semblait pas rencontrer le succès escompté au début de la saison. Petit à petit, le public ne s’y est pas trompé et s’est pressé d’aller déguster les « Golgoth-glaces » et autres « monstre » milk shakes maison. Il faut dire que la personnalité de Caroline déroute un peu au premier abord. Cette grande et pulpeuse brune, marin de son état, gagne à être connue.

Au début, les relations étaient tout juste cordiales avec Caro. Il était clair qu’on préférait amener les clients à la crêperie où l’accueil semblait plus chaleureux. Pour ne rien arranger, en faisant une vaisselle derrière le comptoir du bar de l’Alta Rock, après avoir obtenu une autorisation réticente de Caroline, j’avais complètement bouché le lavabo dépourvu de siphon ! C’est à coups de Destop et grâce à la patience du Foué* que nous avons fini par déboucher le merdier. Et Caro s’est détendue, pour ensuite carrément se lâcher (du moins verbalement) lors de fins de soirées animées avec Mathieu* et moi…

A comme Arrosé(s)

C’est le propre du canyon ; une bonne partie de son « sel » : les rappels arrosés. A la Purcaraccia, magnifique itinéraire idéal pour travailler, il y en a un grand de 45m. Une goulotte de granite peu raide sur le haut, et très glissante dans la partie médiane. Quasiment tous les clients s’y vautrent et se retrouvent sur le ventre, le dos, ou à genoux. La routine quoi. Le premier client est contre-assuré du haut, il « tient » ensuite les cordes pour les suivants. Rassurant mais pas hyper utile, étant donné que l’on fait souvent descendre les clients avec un « vertaco » qui freinerait même un tank. Pour ma toute première journée seul avec mon groupe, un dénommé « Gilou » se met une bonne ratasse et se retrouve à l’équerre, allongé dans la goulotte. Il a bien évidemment lâché la corde, au mépris de la consigne* la plus importante, et tente vainement de se relever. Je lui hurle de continuer à descendre, même dans cette position inconfortable : quelques mètres plus bas, un replat lui permettra de reprendre une posture plus orthodoxe. Il n’entend rien, assourdi par la cascade et affolé par le débit d’eau qu’il parvient (il faut le faire à cet endroit là, qui ne mouille normalement que les pieds) à se prendre en pleine face. Le « contre-assureur », investi dans sa mission, lui aussi paniqué par cette situation qui deviendra très vite banale, se pend dans la corde de Gilles, l’empêchant fatalement de bouger d’un pouce... J’en suis quitte pour rejoindre ma « victime » via l’autre corde, libérée par un client plus adroit (heureusement, je n’avais aucune envie de descendre sur corde tendue), remettre le « naufragé » dans le bon sens, hurler sur le type du bas pour qu’il donne du mou, et remonter 20m au basic… Vu la chaleur étouffante qu’il faisait ce jour là, et ma combinaison 5mm (je n’avais pas encore récupéré de « shorty »), je suis arrivé en haut passablement déshydraté et en hyperthermie !

Le premier grand rappel de la Purcaraccia, où 9 clients sur 10 goûtent aux joies de la zipette…


B comme Béa

Trois générations à la crêperie : Béa, sa mère, et son fils. J’ai passé de nombreux après-midi, attablé sous la protection des parasols, à déguster crêpes au chocolat avec boule de glace ou autres crêpes nutella offertes par des clients au retour de canyon. Des moments de débriefing sympas, où le sentiment d’avoir bien travaillé se mêle harmonieusement à la fraîcheur piquante de l’Orezza dans la gorge, au décolleté d’une jeune cliente épanouie, et à la vue magnifique sur l’Alta Rocca.

B comme Boulets

Le terme politiquement correct serait « clients ». Bon, j’exagère c’est vrai, mais l’une des expériences les plus marquantes de l’été a été pour moi la découverte du handicap physique certain de l’être humain moyen. En clair, le vacancier, sédentaire dans l’immense majorité des cas, éprouve des difficultés motrices. Pire, il peine même à se déplacer sur un sentier, un simple sentier. Quant aux habitués des bureaux et des emplois à fort stress, accros à la cigarette, ils toussent, crachent, soufflent et halètent, rougis par l’effort à la moindre déclivité. De mon côté, je respire calmement par le nez en m’efforçant de ne pas faire éclater ce peloton poussif…

Si certains clients se montrent à l’écoute des consignes*, finissent par prendre leurs marques et à évoluer correctement, d’autres sont de véritables croix et nous font parfois vieillir de 10 ans**. J’ai le souvenir marquant d’une journée à la Vacca* avec Mat où nous avons cumulé de sérieux « cas ». Lors du premier saut, nous proposons deux options : un saut à 2m, un autre à 4. Il m’est arrivé de faire sauter tout le monde à 4m du premier coup, mais là, à deux moniteurs, le choix s’offre aux canyoneurs. Surprise, le cheptel se répartit équitablement sur les deux ateliers. Premier à sauter sur le petit bloc, dont je me charge, un jeune homme. La petite trentaine probablement, petite barbe de trois jours, un peu « effemminé ». Il refuse l’obstacle, chouinant tel un pré-ado : « C’est horrible, c’est trop haut, je n’y arriverai jamais ! ».

Etant donné qu’on se trouve là devant le « jump » le plus bénin du canyon, on comprend que ça part fort. Je décide d’en faire sauter devant lui, et voilà que les deux suivants refusent d’être les premiers ! Ce petit monde commence déjà à m’énerver, il n’est pas 10h30, la journée va être longue ! Il a fallu que je pousse ce poltron pour qu’il atteigne enfin la première vasque, dans un petit cri. Bien sûr, au saut de 9m, il a été mouliné. Arrive le « soboggan » ou « toboggojump », bref le magnifique rideau d’eau à négocier assis ou tête en avant pour les plus aguerris. Revoilà mon courageux client freinant des quatre fers, couinant quand j’accompagne son avancée, une main dans son dos. Mathieu* est déjà en bas dans la vasque, à admirer les paysage en compagnie de la vingtaine d’autres clients. Je sens le sang monter et je m’énerve :

« Si tu n’y vas pas, je vais encore être obligé de te pousser ! »
- Mais ce sera pire ! pleurnicha-t-il.
- Ok.

Et moi de me placer derrière lui, de caler un pied sur ses fesses, jambe fléchie. Je l’ai éjecté d’un mouvement d’extension de la guibole en force max. Poussant un autre petit cri, il a disparu dans le vide. Quelques secondes plus tard, il nageait paisiblement dans la superbe vasque, me faisant un signe du pouce pour m’informer que tout allait bien… Comme quoi, certains ont vraiment besoin qu’on leur botte le train, au sens propre !

A suivre...
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** voir "F comme Frayeurs"

mercredi 18 octobre 2006

Le Petit Corsica Madness Illustré: c'est parti pour la superproduction de l'été !

Latest news of the forehead... ou les dernières nouvelles du front !

Comme tout bon journaliste, j'avais préparé en amont du challenge 4S une loghorée vantant les mérites de celui qui ne pouvait que s'imposer en 2006, l'incontournable B. Un gros mois plus tard, où en sommes nous ? Forfait à cause de son grave accident, le B est en rééducation à St Hilaire, remarquablement entouré, notamment (et c'est une exclusivité Lansb Mag) par une charmante kinésithérapeute, dont nous publierons probablement l'entretien exclusif sous peu.

Les épreuves des 4S se sont donc déroulées sans l'un de ses plus charismatiques compétiteurs. Le challenge a vu la victoire du régulier Nicolas Montigaud devant votre serviteur, parvenu se hisser de la 4ème place du général à la seconde lors de l'épreuve de CAP, qu'il a pourtant ratée.


Le L lors de son triple hommage à l'épreuve de vélo de route: on le voit ici vénérer l'esprit de la polaire rouge du B, vêtu de la tenue Carrera chère à Marco Pantani en 95, et arborant un brassard noir en hommage à l'ami Caster, qui "allait mourir" lors de ce chrono. Au final cette séance cul-tuelle a porté ses fruits, le L améliorant son record de 55" sur cet infâme exercice et montant sur la 3ème marche du podium derrière la fusée Rajat et la mobylette Jipé.

Jipé, dominateur sur deux roues au général en l'absence sur les trois épreuves de quelques monstres sacrés (Rajat, Chorier), s'est retrouvé bouté sur la plus petite marche du podium suite à une prestation quasi incompréhensible en CAP vu le rythme cardiaque hallucinant qu'il est capable de maintenir... L'ironman Xavier Delore s'est quant à lui emparé de la 4ème place, une épreuve de CAP en demi-teinte le privant du podium final sur lequel il était pourtant installé. On notera les démonstrations de force de l'incontournable Rajat, du talentueux Julien Chorier, et du filiforme mais terriblement efficace Greg Druais lors de quelques apparitions en "guest stars". Un grand bravo à tous les participants, que le 4S spirit soit avec vous jusqu'à l'édition 2007 de ce monument du sport Grenoblois !

En attendant, "con promis, chose due" comme dirait l'autre, voici la diffusion exclusive de la superproduction estivale: "Le Petit Corsica Madness Illustré édition 2006". Trente pages de conneries sous le soleil Corse, pour faire passer les longues journées pluvieuses d'automne au boulot. Soyez fidèles, et régalez vous !

LPCMI 2006: Introduction

2006 : l’année du changement. Le passage redouté de la barre fatidique des 30 ans bien sûr, mais aussi le grand chambardement professionnel : des relations de plus en plus tendues au travail, une incompatibilité chronique avec J.E., le chefaillon le plus incompétent du grand Sud Est, et l’irrépressible envie de prendre l’air, de voler de mes propres ailes me font enfin franchir le pas. C’est décidé, je me lance. Passons sur le bras de fer Xerox/Lansb qui m’a gâché mon printemps et causé du souci avant mon départ pour l’UF6.

Ce dernier stage de formation, pourtant correctement préparé, ne s’est pas toujours déroulé sous les meilleurs auspices. En effet, avec une petite vingtaine de canyons réalisés en un gros mois, dont une dizaine sous la tutelle du terroriste Tessanne qui finira même par m’uriner au visage**, ce qui fait de lui la personne avec laquelle j’ai été le plus intime de toute mon existence, j’avais mis toutes les chances de mon côté. Grande gueule notoire et homme inflexible sur quelques principes (parfois discutables j’en conviens), je ne tarde pas à me mettre à dos, au cours d’une journée de merde, un encadrant non moins haut en couleurs, D. S.

Une journée noire où je pars seul en bagnole du sordide « Château de la Causega », suis la mauvaise camionnette en rêvassant au son d’une chanson insipide à la radio italienne, et finis par me retrouver isolé, sans téléphone* portable ni carte ni topo, à la recherche du canyon de la Ceva. Un peu d’intuition, de flair, de mémoire, et de millimètres de gomme me permettront de limiter la casse à trois quarts d’heure de retard seulement. Mais il était écrit que ce jour serait maudit et la suite ne s’améliora pas, avec en point d’orgue une discussion houleuse sur l’homogénéité des enseignements prodigués lors du stage. Cela explique probablement ma note de stage tout juste passable (10) alors que dans l’ensemble, il me semble, toute forfanterie mise à part, avoir mérité bien plus au regard de mes prestations et comparativement à celles de certains de mes collègues. L’exam technique sera en revanche une belle réussite, ce qui me permet d’empocher cette fameuse UF Canyon, que sept stagiaires* tout de même se verront refuser. La suite de mon projet peut donc voir le jour.

Je pars en Corse le 7 juillet après m’être offert un beau baudard Petzl ainsi qu’une paire de 5-10 Canyoneer flambant neuves. Passer sa vie dans l’eau avec du matos approximatif ne me semble pas être une solution, et à l’heure du bilan je me félicite de ce choix. Je décide arbitrairement de débuter ma saison professionnelle le 15. Cela me laisse le temps de m’installer au village, de profiter de la plage, de récupérer ma grand-mère presque nonagénère et tout juste sortie du bloc opératoire, parée pour une nouvelle décennie d’aventures d’insulaires !

J’ai pris le parti de découper ces deux mois en un abécédaire original, calquant ainsi mon œuvre sur celle de François Marcantoni, ex-truand truculent auteur d’un livre savoureux sorti récemment sur « le milieu » des années 60-70. Monsieur François, le milieu et moi de A à Z. Un ouvrage que j’ai dévoré et que je recommande vivement aux nostalgiques d’une époque où l’honneur et la parole donnée n’étaient pas de vains mots. Surtout chez les bandits. Tout ça pour ajouter qu’au cours de notre voyage littéraire (vu la longueur on peut même parler d’odyssée !), les mots suivis d’une astérisque (*) font l’objet d’une rubrique dans l’abécédaire, on pourra donc s’y reporter. Une bonne idée empruntée à l’ami Marcantoni encore une fois…



** Aussi horrible qu’authentique… Nous pissions côte à côte quand le malotru, observant jalousement la différence d’échelle entre nos deux engins, visa haut avec son petit tuyau. Je me jetais, combinaison débraillée, directement dans la vasque terminale de l’Imberguet pour rincer l’ignoble liquide tiède. L’eau gelée me saisit immédiatement mais je promis de me venger. Et je le ferai, tremble Manu !

mardi 26 septembre 2006

Challenge 4S 2006: Un seul être vous manque...

La grand-messe automnale est de retour ! Voici l'épreuve reine du bassin grenoblois, faites place Mesdames Messieurs, le Challenge 4S 2006 ouvre ses portes !

Le plateau a cependant évolué depuis un an. Quels seront les mouvements dans la hiérarchie, aussi bien dans les épreuves spécifiques qu'au général ? Premiers éléments de réponse dès jeudi avec l'immonde épreuve de VTT (qui a dit que le journalisme sportif devait être objectif ?)

La grande star de cet incontournable rendez vous sera l'un des coureurs les plus capés, qui brillera malheureusement par son absence. Le B, dit "le Titan de Romage", qui représente aux 4S ce que Longo est au cyclisme féminin, a été victime d'un grave accident de la circulation* au guidon de son fidèle destrier. Durement touché, récemment opéré, il devrait débuter une longue rééducation la semaine prochaine. Nous vous signalons au passage qu'en raison de cette actualité dramatique et brûlante, Lansb Mag TV ne débutera la diffusion de son feuilleton de l'été (Petit Corsica Madness Illustré) que lorsque M. Bordin sera installé aux Petites Roches avec un écran 16/9.


Grand absent cette année, le B sera dans tous les esprits jeudi pour le coup d'envoi du Challenge 4S 2006...

En attendant, voici une petite revue d'effectifs tout à fait subjective pour aider les fans à s'y retrouver. Que les oubliés m'insultent et me crachent dessus, je plaide coupable ! Et tant qu'à faire, que les "heureux" élus en fassent de même, je ne suis jamais aussi fort que sous pression...

Christophe Rajat-Labert

A tout "saigneur" tout honneur. Le "Boucher du Murier" a littéralement massacré la concurrence l'an passé. Il est de fait "ze" grand favori. Bien au dessus de la mêlée en 2005, il sera quasi invincible s'il évolue au même niveau cette année, surtout en l'absence de son grand rival Voreppin. Un seul doute subsiste quant à sa participation: il pourrait être déclaré non conforme à la pesée de biceps de départ. Un mince espoir subsiste donc...

Jean-Pierre Renaud-Kourov

Le géant Berninois, co-fondateur avec votre serviteur du RPT (Red Polaire Team, équipe hommage au Bordin), est encore incertain. Une aubaine pour ses concurrents tant l'idole du Grand Trophée 2005 affiche une forme olympique sur deux roues, motorisées ou non !

Nicolas Montigaud-Mont

L'ex-roi de la CAP a trouvé son maître l'an passé. Régulier, rapide, tenace, il sera à n'en pas douter sur le podium final. A quelle place ? Réponse dans deux semaines...

Alain Castera-Bdoujaparov

Le chouchou de ces dames est une valeur sure du peloton des vétérans. Le "Divin Chauve" sait souffrir et dispose d'un matériel top même s'il est souvent d'origine douteuse (tombé du camion ?). Il fait mieux que se défendre vu son grand âge, et bien des jeunes auront encore à suer dans sa roue !

Bruno Faure-Midable

Ce bon coureur cycliste reste handicapé par des chronos encore trop justes en CAP. Bruno sera-t-il formidable ou fort minable ? Aura-t-il rectifié le tir pédestre en 2006 ? Les habitués du top 10 espèrent que non, sinon ça va chauffer...

Xavier Delore-Manaudou

De sources sûres, il serait très fort en ce moment. A n'en pas douter, un candidat au podium. Gaffe à lui.

La rédaction présente d'ores et déjà ses excuses auprès des autres compétiteurs qui auront évidemment leur mot à dire. Mention spéciale à Yves Martineu-Skatel et Pierre- Lou 'Ban Ma' Yot.

Quant à votre serviteur, où se situe-t-il ? S'il devrait être écarté du podium final à cause de son handicap rédhibitoire en VTT, il avoue bien volontiers viser un bon podium en CAP. Sa récente perf à son chrono fétiche" de la Baaaase-tille en atteste: en 9'25, il a établi la semaine passée une nouvelle marque chronométrique de référence sur cette abjecte épreuve des escaliers (250m déniv). Ce chrono est à comparer avec les 9'44 établis il y a un an. Il est à noter, petite fierté personnelle, que même notre Golgoth national, présentement convalescent, n'a jamais cassé la barre des 10 minutes sur cet exercice qui, convenons-en, n'a cependant pas grand rapport avec le type d'effort en vigueur aux 4S...

* voir articles précédents

dimanche 17 septembre 2006

Le B: une personne-alitée qui met Michallon en effervescence...

L'arrivée de la Bête à l'hôpital Nord ne s'est pas faite sans une certaine émotion au sein du personnel. Tout d'abord, l'aile du service orthopédie du 13ème étage, dans laquelle séjourne la star Voreppine, a été presque immédiatement renommée "B" en hommage à l'immense athlète blond. Nous en voulons pour preuve le cliché suivant, volé par un de nos envoyés spéciaux à Grenoble:


L'aile du service orthopédie-traumatologie accueillant le B porte désormais son nom. Suivez les pancartes oranges pour retrouver l'icône de la glisse dans sa modeste (et provisoire) demeure.



Par ailleurs, deux jeunes infirmières préposées à la toilette de l'éminent membre du BLMS ont quitté leurs fonctions pour entrer dans les ordres au couvent de Sainte Marie les Borsdin. Elles auraient "eu une révélation et la confirmation de l'existence de Dieu" à la vue du B en simple appareil...


Le magnétisme naturel émanant de la force tranquille du Haut Savoyard n'est donc pas un concept abscons. Contrairement aux cotations, il marche !


Pour l'heure, c'est un Matt débarbouillé de son sang séché, au visage désenflé, et au sens de l'humour intact qui se préparera, demain, pour son opération qui est prévue mardi matin.

Merci à tous de le soutenir via les messages d'amitié que vous avez laissés ici ou par téléphone. Et venez en nombre lui rendre de fréquentes visites dès l'opération digérée et les débuts de la rééducation, il en aura besoin ! "Curagiu è salute per u B !"

PS: Rendons à Cesar... le jeu de mot du titre est l'oeuvre de Raymond Bordin, grand enfant devant l'éternel !

jeudi 14 septembre 2006

Le B victime d'un grave accident...

Ce n'est malheureusement pas une blague de mauvais goût. Afin d'éviter les insultes (justifiées) de nos lecteurs quant au retard de publication du "Petit Corsica Madness Illustré" , nous tenons à les informer que l'immense Matthieu Bordin, notre Goliath du BLMS, a été victime d'un grave accident de la circulation.

En quelques mots, Matthieu, chevauchant son vélo pour se rendre au travail, a été renversé hier 13 septembre 2006 au matin par un chauffard ayant grillé un stop à vive allure. Le choc, très violent, a laissé un B sérieusement blessé sur le carreau.

Admis en salle de déchocage du CHU Nord dans la matinée, notre ami a été transporté avec de multiples fractures aux côtes, une entorse aux cervicales, le visage tuméifié, et, plus grave, une fracture semble-t-il sérieuse au niveau bassin (le cotyle je crois).

Notre "Big Guy", actuellement en traction et sous morphine, sera opéré mardi afin de remettre de l'ordre dans la zône des hanches. Ce qui est sûr, c'est que la route sera longue. Personne n'ignore cependant que les efforts de longue haleine sont le terrain de jeu favori de l'un des personnages les plus sportifs et les plus complets que j'ai eu la chance de rencontrer.

A l'inverse d'une arrivée massive à l'hopital alors qu'il est encore très fatigué et qu'il souffre beaucoup, nous vous conseillons dans un premier temps de laisser vos messages d'encouragement ici ou sur blms.free.fr. Dès que Matt sera en mesure de recevoir ses nombreux amis avec plus de facilité, vous serez évidemment les bienvenus pour l'aider au cours de sa rééducation.

Plus qu'un prompt rétablissement, j'ai envie de souhaiter à notre frangin du BLMS un bon rétablissement. Et si, comme d'aucuns le prétendent, la forme physique joue un rôle primordial dans la récupération après de tels traumatismes, alors les médecins n'ont qu'à bien se tenir... Si ça veut sourire, Matt aura une nouvelle occasion d'impressionner par sa force, son mental et sa puissance, les gens qui auront le privilège de découvrir à leur tour ce garçon hors pair.

PS: El Bordino, très fort cycliste ? On peut le penser, mais sachez qu'il n'est probablement même pas champion de sa chambre d'hôpital ! En effet, l'autre lit est occupé par un obscur mais sympathique coureur pro Ukrainien, qui sera quant à lui privé des championnats du monde à Salzburg...

mardi 12 septembre 2006

Le Petit Corsica Madness Illustré 2006 est arrivé !


Lansb Mag et les éditions Del Crado ont l'honneur de vous présenter leur nouvelle collection:

"Le Petit Corsica Madness Illustré", cuvée 2006 !

Les grandes chaînes de télé lancent leur Saga de l'été en juillet ? Et alors ! Chez nous, la grande aventure se déguste à l'automne, pour revire avec délice et nostalgie les meilleurs moments de la saison estivale.

Retrouvez deux mois de vie en Corse façon nimp, sous la forme d'un abécédaire inédit (sauf pour ceux qui l'ont déjà lu... mais là ya des images, c'est plus convivial). De l'action, de la tendresse, de l'amitié, de l'amour (ou pas), ainsi que des anecdotes signées par le maître incontesté en la matière , notre confrère du magazine "Grimper", François Chopard.

Collectionnez les lettres de l'alphabet au fur et à mesure et complétez votre "Petit Corsica Madness Illustré" au fil des numéros.

Dès demain, le numéro 1, l'introduction au récit et les trois premières lettres pour "1,95 eur" seulement !

Sur une base quotidienne (ou presque), plongez vous pendant une dizaine de jours au coeur du maquis Corse, sentez les fougères caresser vos jambes et les ronces griffer votre visage, humez l'odeur si caractéristique de la montagne insulaire, rincez vous l'oeil sur l'eau limpide des canyons grandioses dont l'île recèle.

Parce que le monde change, Lansb Mag s'adapte. Vous en avez assez des vannes lourdes et des articles improbables ? Vivez l'authentique, le poétique, le sauvage et le vrai à nos côtés ! A l'heure de la rentrée des classes, Lansb Mag vous offre des vacances, ses vacances.

Mise en garde: quelques relents de Lansb Mag "old age" peuvent avoir échappé à notre vigilance dans les textes qui vont suivre... Ne convient pas à un enfant de moins de 23 ans.
Message préventif: il est conseillé aux âmes sensibles de se munir d'une bassine avant de lire certains articles.

mardi 5 septembre 2006

Eté mortel en Corse: sur la piste d'un Sériel Kanyoneur.

Ils opèrent généralement l'hiver, au cours de journées glauques et de nuits glaciales. Ils sèment la terreur sur la ville (Marcel Barbeault, Guy Georges, Thierry Paulin...), à la campagne (Pierre Chanal...), ou sur la route (Francis Heaulme...). Inspirant la crainte, l'horreur, suscitant parfois l'admiration de quelques tordus (il n'est pas rare que certains d'entres eux possèdent un Fan Club !), les tueurs en série, psychopathes, et autres monstres à sang froid font partie de nos sociétés. Rares sont ceux, cependant, qui oeuvrent à la belle saison, et en plein jour, au vu et au su de tous. Cela démontre de leur part une maîtrise total de leur "art" et un mépris implacable pour la condition humaine.


"Le soleil a tant fait l'amour à la mer qu'ils ont enfanté la Corse". Belle phrase pour décrire ce qui est en toute objectivité la plus belle ile du monde. La montagne au milieu de la mer. Des plages de sable fin, des criques d'un turquoise irréel, des aiguilles de granite rose, des ports de pêche d'un autre temps, des villages aux traditions ancestrales, cette terre possède tout. Et l'été, les touristes ne s'y trompent pas, bravant la mauvaise réputation souvent usurpée (parfois méritée également, soyons francs) de l'accueil insulaire. Cette année, certaines malheureuses l'ont payé le prix fort...



Pourquoi cette tirade sur l'île de Beauté ? Tout simplement parce qu'en 2006, le rêve Corse s'est retrouvé confronté au cauchemar des tueurs en série... Le macabre engrenage a débuté à la mi-juillet, pour ne s'arrêter qu'à la fin août. Profil des victimes: 20-25 ans, de sexe féminin, blonde, parlant Suédois ou Hollandais, mannequin de profession. Signe particulier: sportive, avec un goût prononcé pour le canyoning. Lieu des crimes: dans un rayon de 30km autour du col de Bavella. Le rite immuable et le profil unique des victimes ont rapidement aiguillé les enquêteurs du SRPJ d'Ajaccio sur la piste d'un seul et même tueur. Les victimes ayant toutes, nous l'avons dit, une pratique amateur du canyon, les hommes du RAID se sont déployés aux abords des rivières de la Purcaraccia et de la Vacca. Et la bête sanguinaire fut prise en flagrant délit...



Sortie de canyon, 15h. Un groupe accompagné d'un certain Monsieur L., moniteur d'escalade officiant à Zonza, rejoint les voitures. Une grande et belle Allemande de son groupe, sous contrat avec l'agence Elite, s'effondre d'un coup. Intervention du RAID qui neutralise rapidement Monsieur L., lui même étant sur le point de commettre l'irréparable en dégainant sa maigre trousse de secours. Avant de succomber, Elena (oui c'était son petit nom) a eu le temps de dénoncer son bourreau: "Ach, ze mec est beau à mourir ! Z'est ein Killer ! Trop top ze Kanyon... Aaach". Les carottes étaient cuites pour Monsieur L.



L'importance de l'affaire a nécessité un transfert immédiat sur le continent, sous haute surveillance. Le L a été mis en examen pour homicide volontaire, regard de braise et sourire ravageur. Il est actuellement incarcéré à la maison d'arrêt de XEROX, à Grenoble, au QHS (Quartier pour les Hommes Superbes). Ses droits de visite sont réglementés, il ne voit pratiquement pas le soleil de la journée.



L'avocat du L. est un ex-homme de main de la pègre Valentinoise, repenti: maître Neski, qui avait déjà
défendu un compagnon d'armes du L, un certain monsieur B. (inculpé alors pour "envoûtement de jeunes asiatiques"), a d'ores et déjà appliqué les mêmes recettes. Pour monsieur B., maître Neski avait fait fort: il avait conçu un enscens de désenvoûtement baptisé "Rouge", de "Polaire", une parfumerie Voreppine. Effet radical sur les victimes du B. Ici, maître Neski, dit "le Collard du pauvre", "le Vergès des SDF", ou encore "le Klarsfeld des banlieusards", a fait appel à la maison parisienne Lolita Lempicka, de renommée internationale. En très peu de temps, les "nez" de la boutique ont mis au point un parfum imparable pour consoler les "victimes potentielles" du dangereux malfrat: baptisé tout simplement "L", ses arômes sont puissants et énigmatiques: jugez plutôt:
Lolita Lempicka traite le mal par le mal: tout le charisme du L mis en bouteille pour éviter un nouveau carnage.

Rodomontades, balivernes que tout ceci ? Rien n'est plus sérieux, affirme sans se démonter Neski au cours d'une interview à paraître dans "Rouquin Hebdo".

Avec "L, une nouvelle ode à la féminité", c'est un peu de rêve, un peu de BLMS, qui devient accessible à chacune."


On ignore encore tout du procès qui s'ouvrira fin décembre et où le L devrait plaider l'acquittement. Dans ce cas, il serait libéré de XEROX pour les fêtes de fin d'année. Les jurés en décideront. En attendant, le L reste en cellule à XEROX, Grenoble... et cela vaut mieux pour les jeunes mannequins !

mardi 20 juin 2006

La suite de nos révélations sur la double vie du L !

(suite de notre scoop estival, Lansb Mag édition du 19 juin 2006)
[...] En effet, le L n'est réapparu qu'en début de soirée en compagnie du Jouy, célèbre Nimpeur, le poil ras et le sourire bright. Les deux hommes se sont ensuite dirigés vers le Quick avaler un Softy, avant de flâner en ville. C'est là qu'un de nos fidèles collaborateurs, qui a tenu à rester anonyme, a eu un flash génial: Jean-Paul Pigeot (nom d'emprunt pour protéger l'identité réelle de notre source) a été frappé par une hypothèse incroyable mais néanmoins plausible: et si le binôme Lansb-Jouy était bien plus qu'une belle cordée ?

Le mystère de la belle inconnue blonde enfin élucidé: il ne s'agissait que du Jouy, arborant ici une coupe très tendance...

Devant une telle bombe, Lansb Mag joue son va-tout et fait appel à une équipe spéciale pour en avoir le coeur net: Nicolas Buisson et Catherine Coolos, le couple le plus hype de la place Grenobloise (un homme-enfant qui sort avec une milf en devenir, ça pète !). En mission dans la capitale Iséroise, ils arpentent les rues animées flanqués de l'espiègle Julianna et de la bomba Elodie, une divine buenasse (prononcez "bouéna", NT2L modifiée). Si les deux skieurs de pente raide sont encore hétéro, ils mordront à l'hameçon, se disent les comploteurs complices. La jonction est organisée de main de maître par Nicat (contraction de Nico et Cat), place de Gordes. Le travail de sape et la drague ostensible des deux mercenaires féminines n'y feront rien ! Les deux collègues repartent bras dessus bras dessous après une bière en terrasse. Cette fois-ci, c'est sûr, on tient un scoop énorme !

Ce grand moment de journalisme appelle une prise de recul, au terme duquel on conclut que finalement, on aurait presque pu prévoir un tel événement. Pour le L, le Jouy a transformé sa voiture en nid douillet. Pour le Jouy, le L a été jusqu'à donner ses plus fidèles claqués. Pour lui, le Jouy a renoncé à sa crinière frisée. Pour elle, le L a été grimper sous la pluie au vallon de la Fauge. Pour lui, le Jouy s'est mis au canyon. Pour elle, le L a été sonder les vasques d'arrivée des baaaases. L'amour tissait ses liens invisibles mais plus solides que du kevlar, et nous n'avions rien vu.

Le dimanche, après une douche à la Fauge, les deux amants se sont retrouvés au Furon Express, où ils ont fait furon... euh fureur, baaaasant à tout va entre les touristes terrorisés. Voici un enregistrement audio d'un tour de l'Express (le meilleur temps établi fut de l'ordre de 7 minutes)
"Zip plouf ! Zip plouf ! Bim, un grand saut: Baaaaaaaaaaaaaaaaaaaaase ! Plouf ! C'est bon ya du fond ? Ouais, saute loin et au milieu ! Baaaaaaaaaaaaaaaaase ! Plouf ! Nickel ! Toboggan transfert, hop ! Baase ! Plouf ! A moi: hop ! Baaase ! Poc ! Aïe ! Ya pas d'eau ! Plouf ! C'est fini, on refait un tour !"

La surprise passée, vient le temps de l'analyse des conséquences de ce pavé dans la mare. Outre le raz de marée crée dans les rangs des jeunes adolescentes prépubaires ("Maman maman ! Le Jouy n'est plus célibataire, c'est pas juste, bouhouhou...") et dans ceux des jeunes mères de famille ("Le L homosexuel ! C'est ma vie qui s'effondre !"), c'est tout un pan de l'économie Grenobloise qui est menacé. En effet, les papetiers sont inquiets: les jeunes filles n'achèteront plus de journaux intimes pour confier leur amour secret à l'un des deux héros. Les ménagères trentenaires achèteront-elles encore Lansb Mag dans l'espoir, un jour, de faire leur vie avec celui qui est aujourd'hui au centre du plus gros scoop de l'année ? Rien n'est moins sûr, et l'idylle que nous vous dévoilons ici est susceptible de mettre en péril de nombreux emplois dans le secteur clé qu'est le papier à Grenoble...

Nous demandons donc solemnellement à Elsa de tenter le tout pour le tout pour reconquérir son homme: il y va de la vie de milliers de foyers ! Quant à François, nous lançons une gigantesque campagne qui sera suivie d'une émission de télé "La Jouy Academy" à la rentrée. Le principe est simple: moult buénas s'affronteront pour avoir le droit de partir en C15 tagué "Jouyst Married". Mais ceci est une histoire que nous vous conterons en temps voulu...

lundi 19 juin 2006

Scoop ! Le boss de LM aurait une liaison extra-conjugale !

Depuis le départ de la charmante Elsa pour la Corse, il semblerait que le vieil adage "Loin des yeux loin du coeur" colle à merveille au Lansb, le sympathique entrepreneur et beau compagnon de l'intriguante insulaire.

Lansb Mag, employant les vieilles recettes de la presse à scandale, a fait appel à une équipe de paparazzi triés sur le volet pour enquêter sur les tergiversations de son propore patron. Le professionnalisme poussé à l'extrême si l'on puit dire. Et les résultats ne se sont pas fait attendre : le L aurait une liaison extra-conjugale ! Et la surprise est de taille...

En effet, il a passé la totalité de son week-end au bras d'une belle blonde, aussi sexy qu'inconnue du grand public. Vendredi soir, la Légende du BLMS était repérée place Victor Hugo où elle dégustait en amoureux un Softy Max coulis à la fraise sur la terrasse du Quick où elle a ses habitudes. Plus tard en soirée, le L était aperçu au bras de la même superbe créature au cinéma Nef Chavant. Les amants auraient assisté à la projection de "La maison du bonheur" absolument seuls dans une salle vide réservée pour l'occasion. L'histoire ne dit pas s'ils se souviennent du sujet du film...

Une autre équipe a pris le relais pour suivre les péripéties du couple regorgeant de tendresse, le samedi cette fois. Départ le matin avec deux voitures (pour mieux tromper les suiveurs ?) en direction du petit bourg de St Andéol, où le duo illégitime posséderait une résidence d'hiver (on se souvient des paroles de l'ex-Bladzeur: "J'adore ce coin du Vercors, en particulier sa capitale, Puy Trangoulia"). Les tourtereaux ont ensuite parcouru "Les moules marinières", un canyon de charme au coeur de ce coin de paradis. A noter que les traditionnels démêlés de l'intrépide Lansbmobile avec la maréchaussée, ainsi que la perte de points non moins habituelle qui s'en suivit, n'ont pour une fois pas entamé la bonne humeur du BE le plus rapide de la région. Un signe indiscutable que l'Amour a inondé son être tout entier.
Lansb épris d'une autre personne ? C'est ce que les employés de son propre groupe de presse dévoilent aujourd'hui...

Au retour de ces aventures aquatiques, les petits coquins, cachés sous un parapluie de golf, se sont dirigés vers "L'Emir", excellent Kesbab où le L a ses entrées. L'icône des snowbladers et sa mystérieuse conquête ont ensuite passé un long moment au domicile du "Membre" du BLMS. Ce qui s'y est passé n'est pas connu avec certitude de nos enquêteurs, mais il ne faut pas beaucoup d'imagination pour entrevoir une scène des plus torrides. C'est là que nos équipes ont perdu la trace de la belle enfant...

La suite de notre enquête exclusive très prochainement dans LM...

lundi 12 juin 2006

Sortie en librairie du nouveau BeScher-L !

Sortie en librairie du nouveau BeScher-L, le livre officiel de la NT2L: Nouvelle Théorie du Langage Lansbien.

Cette nouvelle théorie s'inspire d'un langage très ancien, originaire de l'arrière pays Drômois, nommé patois Diovonchois. Très usité dans les contrées isolées entre les cols de Menée et du Rousset jusque dans les années 90, il tombe aujourd'hui en désuétude. Les filialies littéraires du groupe Lansb-Mag Presse se sont prises d'affection pour la cause de ce mode de communication archaïque et menacé. Ajourd'hui, le nouveau BeScher-L doit permettre au plus grand nombre d'accéder à l'apprentissage et à la connaissance du Diovonchois "new age".

Vous trouverez ci-dessous quelques règles de baaaase vous permettant de converser rapidement dans un langage intelligible des seuls initiés, déjà nombreux cependant. C'est con, donc c'est bon ! Et comme on dit à LM: "Tout est con dans le bochon !"

Les membres permanents de l'Académie Lansbienne étaient réunis la semaine passée pour un cocktail dinatoire... au Murier, avec l'objectif de consolider les bases de la néo-théorie que nous vous exposons ci-après.

Etaient présents: Naty Ladéputin de Brat, François Gouytes-y-donc, le célèbre écrivain alsacien M.Bordinsheim, le bêêêlant Nicolas Buisson et sa compagne décontractée Catherine Coolos, l'experte es-mergué Rourouliana, ainsi que votre plumitif préféré.

Excusés: Juan-Pedro Reno, éminent BLMSologue portugais qui n'a pas pu se rendre au rendez-vous pour cause de non invitation due au fait que cette réunion de travail s'est totalement improvisée. La famille Gingreau, absente pour cause d'entraînement à l'aggrandissement de la famille. Muf !

Principales règles grammaticales pour pratiquer la NT2L avec aisance:

Axiome de base: "au début n'était pas le Verbe, mais une paire de baskés"

basket: nf désignant un soulier odorant servant aux bipèdes à se déplacer plus ou moins rapidement. Se prononce "baské"

Corollaire fondamental: la règle du "é"

- claquettes = "claqués"
- salopettes = "salopés" (ne pas oublier l'accent sinon on ne vous comprendra pas)
- une merguez = "mergué"

Inversement, les noms en "é" se prononcent "ette"

Voici quelques exemples pour aider à l'assimilation de ces principes forts:

- "J'ai été au cinette avec Giné"

- "Si tu lavette tes chaussés et changette tes baskés, tu puerais moins des piettes !"

- "J'ai enchaînette la voie sur colonné ! J'avais les bras complètement pétettes !"

- "Les pédettes et les tapés, c'est bonnette blanc et blanc bonnette !"

A noter que les accords sujet-verbe-complément sont maintenus.

Exceptions:

Le verbe baaaaser est invariable, ie il n'est pas mutant:

on dit "J'ai basé !" et non pas "j'ai basette" ce qui serait totalement ridicule.

Les auxiliaires

Le participe passé de l'auxilaire être est invariable: "été" demeure "été".
Par contre, on dit "Il ette con lui !"

La 1ère PS de l'auxiliaire "avoir" demeure "ai".

Par contre, le on dit "J'avette mangette des crevé"
ou "Vous avette mal aux roupés ?"

Les pièges...

Attention aux possibles confusions:

"J'ai été mutette, je suis désormette basette à Gif sur Yvé"

à ne pas confondre avec

"J'ai mutette, j'ai basé de la muré à Vif"

Faux amis

Enfin, gare aux faux amis: deux mots proches en prononciation peuvent vous mettre dans l'embarras dans une conversation s'ils sont employés à contre sens:

Voyez la différence entre:
- "Je ne lis rien quand je n'ai pas mes lunés sur le nette !"
- "Je ne lis rien sur le né sans mes lunés !"

Pire encore:
"J'avette bu, j'étette pompé" sera mieux accueilli dans un dîner en ville que "J'avette bu, je me suis faite pompette !"

Notez au passage qu'il s'agit ici d'un sujet masculin, "faite" s'accorde avec "je" mais suit la règle du "é"...

Conclusion:

Bon étette à impressionnette vos amis avec le NT2L, c'est choué !

mercredi 31 mai 2006

Séisme de mai-gnitude 15 sur l’échelle de Schnopfler au Natyland : 1 an déjà.

Dans la petite bourgade de Myofibrille, dans le Sud du Natyland, la vie de tout un peuple a été bouleversée par un événement tragique il y a un an. Rencontre avec Monsieur Lule de Quadrissaipece, un vieil aristocrate habitant Myofibrille depuis plusieurs générations.

LM: Monsieur Lule de Quadrissaipece, racontez-nous pourquoi et comment votre vie a changé.

CL : Baron C. Lule de Quadrissaipece cher ami, Baron ! C’était un quartier animé, très animé. On vivait nombreux ici, les jeunes, les vieux, les femmes, les enfants... Les commerces fleurissaient, la vie était bouillonnante, la natalité galopante ! C’était une région d’avenir, de plaisir aussi. Les week-ends, il fallait voir comme tout le monde s'ébrouait, une activité folle, qui ne se calmait que le dimanche soir tard. Et encore, souvent, en semaine, on remettait ça ! Quelles sauteries mes aïeux !

LM : Que s’est-il passé ?

CL : Diantre mon jeune camarade, c’est difficile à expliquer ! Au cours d’une journée de labeur intensif, je m’en souviens bien, c’était un 15 mai, les éléments se sont déchaînés. Tout le monde bossait, tous sur le pont, les ordres venus de la capitale Cervelia étaient formels : « bougez vous, souquez, souquez ! ». Ca y allait matelot ! Et soudain, tout a basculé : un véritable tremblement de terre* a secoué tout Natyland. Toute la population était mobilisée dans les rues, ça courait dans tous les sens, un capharnaüm sans nom je vous dis ! Bigre !

Le Baron C. Lule de Quadrissaipece mène la charge pour relancer le Natyland du Sud vers son glorieux passé.


LM : avec quelles conséquences ?

CL : Dramatiques jeune freluquet ! Nous nous sommes soudain retrouvés coupés du monde ! Le grand pont nous reliant au Nord de Natyland** avait été complètement détruit dans cette catastrophe ! Là, tentant de dédramatiser, je me suis dit « C’est mal Baron tout ça …» Hé hé, pas mal hein ?

LM : ...certes, mais le pont a-t-il depuis été reconstruit ?

CL : Affirmatif Moussaillon, les travaux ont débuté le jour même de la tragédie. Tant bien que mal cependant, et le trafic n’a jamais repris vraiment. La communication avec la Natyledefrance (région centrale où est basé le gouvernement) demeure coupée à ce jour. Tous les jeunes sont partis, un véritable exode vers le Nord. Les régions nordiques, autrefois sous peuplées et sous développées, sont aujourd’hui le théâtre d’une expansion sans précédent. De véritables mégapoles se forment ! Les historiens parlent déjà d’un « Esaaab rural » des temps modernes. Et ici, la désertification se poursuit… Le fait d’être Sudiste d’origine est vécue comme un pêché, vous rendez-vous compte ! Les jeunes ont honte de leurs origines ! J’ai un petit neveu qui a même fait changer son nom : il se fait désormais appeler C. Lule de Bissaipece ! Fabrioles et billevesées que tout cela mon enfant ! Un scandale !

LM : il faut agir pour sauver votre région, qu’avez-vous entrepris ?

CL : Aux armes sapristi ! Les anciens combattants, les collègues des temps obscurs, ceux sur lesquels ont peut vraiment compter, ont eu une idée : se réunir autour d’un projet, d’un plan de bataille. A la guerre comme à la guerre. L’opération porte un nom de code : Nat’n’co. Une association dont le but est de recréer des emplois dans le grand Sud du Natyland (NDLR : tout ce qui est situé au sud de Natylyon), par la force s’il le faut. Si les gens peuvent retravailler, ils auront goût à revenir ici, et la vie reprendra de plus belle. Mais pour cela, il faut des fonds, du temps, des armes, des alliés, et du soutien amical. Nat’n’co est là pour nous aider à remplir cette mission fondamentale.

LM : avez-vous un message à faire passer à la population de l’exode, qui vous a « trahi » ?

CL : Avec joie petit scribe ! Le voici : cessez de vous agglutiner comme des abrutis dans les départements du Bissaipece et du Trissaipece, il n’y aura bientôt plus de place ! Revenez dans les grandes contrées de Quadrissaipeces, dans les superbes Isles Kio-Jembiers, il y a de la l’espace pour de belles aventures. Réintégrez les Mas-Nisques de vos ancêtres, faites revivre ces belles bâtisses ! Et méfiez-vous ! Le jour où l’extrême Sud de la botte, nommée Sicilia (réputée pour sa redoutable organisation mafieuse NDLR) aura repris ses esprits, on vous bottera le derche bande de fainéants !

LM : Quoi qu’il en soit, que vous soyez du Nord ou du Sud, adhérez à Nat’n’co et véhiculez ses valeurs et ses espoirs ! Sans quoi les anciens vont vous foutre une rouste. C'est bien la leçon à retenir mon Général ?

CL : Affirmatif deuxième classe ! Rompez !

* dont l’épicentre s’est avéré se trouver dans la région Centre.

** le pont de Tocardville. Il y avait même un arrêt de train sur ce pont, mais toutes les rames n'y faisaient pas halte. Il est ainsi devenu connu sous le nom de "Arrêt du Tocard facultatif".