dimanche 15 juillet 2007

Paix en Suisse ! ... ou l'humour d'un agriculteur Genevois...

Intervention mythique d'un client Helvétique de très bonne facture lors d'une belle sortie canyon pour le L et son cheptel du jour...

Yves:
Avec ma femme on va fêter nos noces de marmotte...

le L:
Ah bon ? C'est quoi ?

Yves: 20 ans dans le même trou !



mercredi 27 juin 2007

Le Vide Grenier Corsica Madness 2007 ouvre ses portes !

Paraboles, allégories, fables, contes, et autres anecdotes plus ou moins fraîches extraites de notre collection été 2007

Après succès mondial rencontré par le premier opus des aventures insulaires des trois super héros les plus fallacieux de la constellation, nous voici déjà rendus à la saison 2 de ces péripéties aussi sympathiques que surfaites.

Cette saison donc, point d'abécédaire pour égayer vos journées de labeur, renouvellons le genre. Le genre oui, mais pas le style, que ce soit d'écriture ou de vie d'ailleurs. Ainsi, voici que Super Connard flanqué de l'inamovible Analbator a repris possession des lieux mythiques de leur été 2006. Ils n'attendent plus que l'arrivée imminente de Tamérator pour parachever leur oeuvre commune. Les voici donc à nouveau installés dans le petit grenier de type Louis XV au charme suranné situé sous les toits surchauffés de Zonza, aménageant au mieux un espace de vie que les plus rustiques ou intrépides de nos concitoyens n'auraient jamais l'outrecuidance de qualifier de décent. Bref, home sweet home !

A l'image de ce grenier poussiéreux, antre de vieilleries moisies sans intérêt majeur, la boîte cranienne de votre serviteur mériterait un sérieux coup de balai (et de désinfectant). Voici donc le pourquoi du comment du terme "Vide Grenier" qui semble s'imposer pour ces nouvelles anecdotes (bien que le terme anecdote ne soit pas forcément mis en valeur par la richesse des récits à venir mais passons).

Alors que fait un super héros en attendant que la saison batte vraiment son plein, si ce n'est se remplir les poches d'eurs bien mérités ou boire quelques canons (tout aussi mérités) qui n'altéreront aucunement le spectacle fabuleux de ses abdominaux dorés, sculptés, et suraffûtés ?

Je vous le donne Emile, ça sauve des vies ! Loin des poétiques défecations bucales maternelles de 2006, le Lansb, que la trentaine semble véritablement métamorphoser, s'adonne donc à cette nouvelle mission avec plus ou moins de succès. Ne revenons pas sur les dramatiques événements Alpins du mois d'avril, mais concentrons nous sur une plus anecdotique intervention féline de cette fin de printemps.

Après trois semaines en pension complète chez l'ami Henri Santoni, "l'Omu di Zonza", où le L devient quasiment le grand frère par intérim du petit Antoine, à déguster les myrifiques plats dont seule Nicole a le secret, il est temps de tourner cette (délicieuse) page pour regagner des pénates plus en accord avec le standing de la Légende. Quelque chose qui colle plus au statut de "Véra de la Castagniccia". Une porcherie ? On s'en rapproche !

Après les orages et bourrasques de mai viennent les beaux jours et l'été a un peu d'avance à la mi juin. Reprenant ses marques dans son logis estival, le L constate la présence de deux chatons minuscules, probablement pas seuvrés, âgés de trois semaines maximum. J'ouvre une parenthèse pour m'excuser par avance auprès de Lionel Tassan si ce texte sans prétention venait à faire de l'ombre à sa très structurée et érudite rubrique "Regarder". A Lansbmag aussi, on aime les animaux. Surtout bien poivrés et dorés au four !


Et soudain, c'est le drame ! Drama in Zonza ! Le petit chat a baaaasé directement dans cette fosse immonde entre deux baraques, inaccessible depuis le sol sans pénétrer dans une masure inhabitée... C'est une mission pour Super Connard, qui sort pour l'occasion de son registre habituel...

Un soir donc, pour en revenir à nos chatons, le microscopique animal noir se retrouve on ne sait comment absent du grenier, tombé dans une fosse de détritus. Ses miaulements sont ceux d'une petite bête étonnée et un peu perdue. Bah, on verra demain. Au matin, les miaulements se font des cris de détresse. La larme à l'oeil, le L installe donc un rappel depuis la charpente de la maison, embarque l'échantillon de bestiole affolée dans un sac canyon, et regagne le grenier. Le petit félin est baptisé, ce sera "Baaaase le chat". Deux semaines plus tard, après l'intervention généreuse d'un client canyon vétérinaire de son état, et l'expertise en matière de chats du Foué, Base reprend du poil de la bête (au sens propre), et commence enfin à ressembler à ceux de son espèce.

Si Super Connard l'a sorti de la super merde où il était empêtré, Analbator s'applique au quotidien à aider cette petite boule de poils informe à se construire chaque jour d'avantage, le traitant comme son propre fils.


Baaaaase le chat dans son royaume.

Et comme nos deux bienfaiteurs sont avant tout des cons, ils n'hésitent pas à entrainer leur progéniture commune à porter son nom avec dignité. Une seule méthode valable: le lâcher d'une hauteur de plus en plus élevée chaque jour en hurlant "Baaaaaaaase" dans les tympans fragiles du minuscule quadrupède...

Basounet à l'entraînement. Ce n'est pas toujours facile, on n'a pas forcément envie de baaaaaaaser tous les jours, mais que voulez-vous, il faut souffrir pour mériter un nom si prestigieux...

A bientôt, pour une anecdote forcément plus riche...

mardi 8 mai 2007

6 mai 2007: les Trançais élisent Super Connard !

Clark Con, 30 ans, dé-puté euro-pet-1, devient le 1er Président de la République Trançaise. Reportage vidéo intégral ici !

La lutte fut intense et indécise jusqu'au bout. D'un côté, les forces de regrets (le PC, Parti de la Connerie, allié au PS, Parti de la Scatologie) emmenées par le candidat unique Monsieur Clark Con. De l'autre, défendant l'idée d'une Trance plus con-servatrice, la puissante formation UMP (Universal Music Pourrave), et son leader le charismatique Anal Bator (voir notre numéro précédent). L'enjeu ? L'avenir de la Trance, un noble et belle mission s'il en est. Il s'en est fallu d'un poil pubien comme on dit au PS, mais la connerie l'a emporté malgré le nombre toujours croissant d'amateurs de musique pourrissime dans notre beau pays.

En exclusivité, voici un reportage au QG abasourdi de notre ami Anal.


L'affiche électorale de Clark Con, d'une sobriété quasi monacale. Vide de sens, à l'image de son programme, Clark a tout misé sur une lumière crue et un regard de chien battu. C'est très con. Mais ça a marché !

Voici un extrait du discours prononcé par l'imbécile-heureux-élu en direct de son QG de campagne à l'issue de ce scrutin sous haute tension:

"Connasses, connards, mes chers con-patriotes.

Si je suis élu ce soir, c'est grâce à vous, car vous êtes vraiment trop cons ! Je vous en félicite, car sans vous, que serai-je en réalité ? En effet, qu'est-ce qu'un Roi sans son royaume, qu'un Président sans son peuple, qu'un DJ sans la Trance ? Rien qu'un pauvre con !

En cette soirée de ferveur et de liesse populaire, je me veux rassembleur avant d'être déconneur. Je serai le président de tous les cons, sans exception aucune. Abrutis, demeurés, incultes, grossiers personnages, rustres, gougnafiers, goujats, machistes débutants ou confirmés, supporters de foot, imbéciles, idiots, incapables, inutiles, cuistres, rejoignez mon projet, je saurai tous vous représenter en Transe comme dans un état normal... *

Je suis pour la pluralité nationale, pour un véritable melting pot de la connerie. Plus nos ressortissants seront d'origines variées, plus nous aurons dans notre beau pays de cons-typés !

Je favoriserai le développement des parfumeries qui augmentera le nombre de cons-sentants !

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que chacun se sente un véritable con-citoyen sur notre territoire.

Je m'engage solennellement ce soir à être digne de la confiance que vous m'avez témoignée. Je fais le sermon, devant vous, d'être à partir de ce jour encore plus con. Je vous prends tous à témoin pour en faire le bilan à l'issue de mon mandat. Et je fais plus que jamais mien mon slogan de campagne auquel vous avez tant adhéré:

Quand yen à marre, ya Super Connard !

Vive la Connerie, et vive la Trance !"

* je suis assez fier de ce double jeu de mots laid, dégustez le !

NB: Toute ressemblance avec un pays et/ou des personnages existants ou ayant existé est purement faite exprès. Cependant, lansb-mag ne fait pas de politique. Nous ne faisons que des conneries et nous essayons de les faire bien. Les hommes politiques aussi me direz vous. Nous en profitons donc pour leur lancer un appel:

"Lansb-mag ne fait pas de politique, alors vous, politiciens, arrêtez vos conneries !"



mardi 1 mai 2007

Analbator et Tamerator: plus crades, plus cons, plus forts !

La galaxie parallèle des Super Héros débiles vous présente la suite de sa collection été 2007. Après l'irrécupérable "Super Connard", voici deux de ses plus fidèles acolytes.
La légende veut que la Terre n'ait pas été assez grande pour permettre aux blagounettes peu ragoutantes de ces trois dégénérés de trouver un public. Ainsi, ils auraient été dotés de pouvoirs sousnaturels pour partir à la découverte d'espaces plus grands (et encore vierges) afin d'assouvir leur passion déraisonnée de la Connerie, seule Déesse qu'ils vénèrent. Les anciens prétendent que lorsqu'ils sont tous les trois réunis, leur puissance de feu est quasiment inégalable, et que l'apocalypse n'est pas loin.

Attachons-nous donc à découvrir les comparses de SC, présenté dans notre numéro précédent. Ces deux nouveaux gougnafiers interstellaires sont issus des plus grandes années du siècle dernier, les années 80 évidemment.

Voici en exclusivité pour vous Analbator et Tamerator, deux goujats intergalactiques aux capacités sousnaturelles. On admettra volontiers que la frontière entre connerie et scatologie est ténue, et l'on comprendra aisément que ces deux gaillards soient aussi efficaces et malheureusement aussi proches de Super Connard.

En 2007, comme en 2006, ce trio infernal unira ses forces pour imposer au monde une certaine vision de l'humour et de la démocratisation de la connerie. Ils seraient (bien qu'aucune revendication officielle n'ait jamais confirmé la chose) les membres fondateurs et piliers du FILS (Front Intersidéral de Libération de la Scatologie). En effet, en bons professionnels du canyon, ils ont toujours peur d'une glissade et ainsi, ne laissent jamais traîner leur FILS...


Analbator

Analbator, pirate mythique aux relents mélancoliques (et teintés de flageolets), sillonne l'espace intersidéral à la recherche de ce que l'on appelle les "trous noirs". Comme sur Antenne 2, il fredonne son hymne pour se donner de l'entrain: "Analbaaaaator, Analbaaaaator, aspirateur Calooooor !"

A bord de son fidèle vaisseau, l'Atlantus (aussi appelé "Renokanguus" d'après les concessionnaires de vaisseaux interrogés), il n'a de cesse que d'introduire son appareil spatial pseudo-cylindrique dans l'un de ces fameux mystères sombres de l'espace. Voici un petit descriptif des pouvoirs dont il dispose pour accomplir sa mission...


Le facétieux Analbator pose pour la photo de son carnet de correspondance de classe de 5ème. Photo signée Jouydesign.com


Ses super pouvoirs

- Une largeur d'épaules inconnue sur Terre. On a longtemps cru qu'Analbator était né des amours d'Isabelle Alonso et d'un grand gorille d'Afrique. Plus large que haut, les premières observations scientifiques faisaient état d'un "monstre de force se déplaçant allongé dans le sens de la longueur". Les progrès de la science ont permis d'infirmer ce qui était alors considéré comme un état de fait. Analbator se tient bien debout. Et raide comme un piquet !

- Analbator est doté d'un anus en fibre de carbone, totalement insensible aux problèmes gastriques qui touchent les humbles mortels, et certaines races de super héros plus fragiles. Ainsi, alors que Super Connard et Tamerator furent terrassés par une Super Colique, Analbator restait de marbre face aux ravages de l'eau Super Crade que ses infortunés collègues avaient malencontreusement ingurgitée.

Ses talons d'Achille

- Ne sait pas tirer parti de ses immenses qualités physiques et gouaillesques pour réussir une chose aussi simple que de convaincre une jeune et belle femelle de se coucher à ses côtés après avoir ôté tous ses habits. Tamerator, dans sa jeunesse, a fait bien mieux avec bien moins...

Son émission préférée

- 30 millions d'anus

Tamerator

Les historiens s'accordent à dire que Tamerator serait né d'une coupure d'électricité au milieu des années 90 dans la région d'Annecy. A l'époque, le jeune M.B. se débat en pleine crise pubertaire avec des hormones exceptionnellement actives. Alors qu'il dévore les ouvrages cultissimes (à quand une publication chez Gallimard ?) du fétide Arthur, les "Ta mère", le courant disjoncte dans le quartier. Il ne sera rétabli que le lendemain matin...

Pendant la nuit cependant, celui qui n'est encore qu'un grand garçonnet un peu gauche doit se rendre aux toilettes dans l'obscurité complète. Sur place, il ne trouve pas le célébrissime rouleau de papier rose permettant de distinguer l'homme de l'animal. On prétend qu'il se serait ainsi vulgairement "torché avec Ta mère", fameux ouvrage Arthurien qui trouvait là une fin certes funeste mais tout à fait appropriée. D'inavouables transformations scato-bio-logiques vont alors s'opérer sur notre ami tout entier pour transformer le timide adolescent en une véritable bête humaine !


Tamerator surpris en pleine journée de travail ordinaire. "C'est toi Sarah Connard ?". Photo de Lansbolabopabo.

Ses super pouvoirs

- Tamerator connaît mieux ta mère que toi, ton père, et Arthur réunis !
- Tamerator n'a pas de limite, c'est une véritable machine.
- Tamerator fonctionne comme un robot. Il a toujours une marge énorme. Et un physique d'acier.
- Tamerator a une mission: tuer Sarah Connard*. Rien ne saura l'en détourner.

Ses talons d'Achille

- Son grand coeur. Contre toute attente en effet, Tamerator est d'une grande générosité et d'une gentillesse surprenante... avec lui-même en tous cas. Ainsi, à l'échauffement dans du 7b, il prend le temps de montrer à ses biceps combien il les aime en les embrassant tout en négociant le crux... Sa mère !
- Ses lunettes obsolètes**: indignes du grand navigateur qu'il est devenu. En effet, il vogue sur toutes les mères du monde...

Son émission préférée

- Thalashiasse, le magazine de la m...

* Sarah Connard n'a rien à voir avec la mère de Super Connard. Simple homonyme...
** obsolète: adj: qui n'a plus lieu d'être, désuet, dépassé. Mot usité en 1994 par MC Solaar dans son album culte "Prose combat". Mot qui a fait une partie de son immense succès (mérité) à l'époque et qui malheureusement lui va comme un gant aujourd'hui... fin du "rien à voir".

jeudi 29 mars 2007

Des supers (bl)héros au secours de sa majesté la Connerie: le premier d'une lignée d'êtres d'exception, Super Connard !

La Connerie est en danger: c'est une mission pour Super Connard !

Dans un monde triste et de plus en plus asceptisé, où la fantaisie, l'improvisation, et la légèreté perdent du terrain chaque jour, c'est tout l'entrain de la vie en société qui tend à disparaître. Si les cons de tout poil prolifèrent, il n'en va malheureusement pas de même pour l'art subtil de la Connerie, qu'ils galvaudent impunément. Cette pratique ancestrale se voit donc elle aussi menacée par une concurrente aussi fade qu'inintéressante, la vulgarité gratuite.

Il était donc grand temps qu'un super héros prenne les choses en main et redonne à la Connerie, discipline ô combien puissante et irrésistible si elle est pratiquée dans les règles de l'art, ses lettres de noblesse. Ce nouvel individu totalement supercon, tout droit tiré des "comiques", euh "comics", c'est Super Connard !


Dans la vie de tous les jours, sa couvertue, c'est Clark Con, journaliste à la petite semaine officiant au "Magazine de Lambert", quotidien néo-catholique de renommée départementale.


Clark Con dans une de ses attitudes préférées, l'air sérieux et le costume à la coupe impeccable. Si tu es une fille, clique sur l'image pour qu'elle s'agrandisse et que tu vois comme il est beau ce con !

Cependant, quand une alerte à la Connerie est lancée, il déchire sa chemise bas de gamme (ou prend le temps de la déboutonner, selon l'urgence, ça coûte cher ces machins là) et laisse apparaître le "S" de Super Connard. Il devient alors un grand reporter, glorifié par les femmes et adulé par les adolescents épris de masturbation, écrivant des articles au lyrisme débridé pour le décrié mais quasi célèbre "Lansbmag" ! Il vole alors sans plus attendre (sauf si son feuilleton TV préféré n'est pas encore terminé) au secours de la Connerie dans un slip trop serré porté par dessus son colant carline, enveloppé dans une cape ressemblant à un pled de canapé, et hurlant "Supeeeeeeeer Connaaaaaaaaaard !". La foule en délire a alors coutume de s'ecrier: "Qu'il est con !", "Il est vraiment trop con", ou "Quel connard !". Les enfants le reconnaissent le premier: "Mais oui, c'est Super Connard !".


Time for action ! Super Connard se prépare à intervenir ! Tremblez connards, vous allez tomber sur plus fort que vous !

Bon, tout ceci est bien joli mais ça ne nourrit pas forcément son connard... Du coup, ce professionnel de la connerie étudie toute proposition: baptêmes, mariages, bar-mitzvahs, faites appel à ce con pour une soirée "bêtement" réussie !

Une vieille tantine dont le grain de beauté de visage, gonflé par les années, est percé de quelques poils noirs, vous saoule à un dîner de famille ? C'est une mission pour Super Connard ! Grâce à une salve de Super Conneries, il renverra l'indélicate dans les cordes pour le compte. Un chef un peu trop pénible au travail ? Super Connard s'en occupe ! Sans aucun scrupule, il vole au secours du déconneur bridé par les impératifs professionnels bureaucratiques et castrateurs. Tout comme quelques uns de ses sémillants collègues (dont les noms et les profils délectables seront à découvrir très bientôt dans nos prochains numéros), il a signé la Charte "Limite Zero" (inspiré du Petit Nicolas version 2002, "Tolérance Zéro"). Ainsi, sa puissance de feu n'a (pratiquement) aucune limite.

Bref résumé des caractéristiques de cette nouvelle idole des jeunes:

Ses super pouvoirs:

- des salves de conneries superpuissantes et illimitées
- recharge automatique de la connerie suivante "on the fly", pas de risque d'enrayement de la machine.

Son talon d'Achille:

- la travaillonite: mis devant un bureau avec un PC, un projet, et une deadline, il devient vert (comme la Kryptonite), se recroqueville, boude, et se trouve parfois dans l'incapacité de se montrer débile... une exposition prolongée peut s'avérer mortelle !

mercredi 14 mars 2007

Le BLMS à l'Académie Française !

Les quatre fantastiques mettent une majuscule à leur Histoire...

Qui aurait l'outrecuidance d'oser l'affirmer en l'an de grâce 2007 ? Qui se permettrait aujourd'hui une telle assertion ? Oui, dites le moi, qui s'autoriserait à mentir à sa propre personne en clamant qu'il n'a jamais admiré un ou tous les membres du BLMS ? Certes, le quasi-mythique quatuor a surtout sévi dans la première moitié des années 2000, signant quelques retentissantes répétitions et premières skis aux pieds, dans les pentes les plus abjectes de l'Alpe. Le tout sous le regard admiratif et béat d'une bonne demi douzaine de fans, la plupart d'entre eux allant d'ailleurs par la suite devenir leurs proches amis et/ou collègues amateurs de pentes extrêmes.


Outre leurs remarquables réalisations initialement inspirées par l'empereur du ski de rando Isérois, Caïus Volodius (et par ses irremplaçables petits bouquins de la collection Toponeige), les historiens s'accordent à dire que c'est en grande partie par leur beauté plastique (enfin surtout celle du B), leur charisme torride, ainsi que leurs expressions bientôt cultes que ces frères de sang ont forcé le respect et surtout l'amitié de la petite communauté skiante Grenobloise.

Ainsi, "Point ne se chie !", "C'est nimp", "Baaaaaaaaaase !", "Muf", ou encore "Aaaaeuh !" sont-ils entrés dans le langage commun d'une poignée d'irréductibles du cligno à 2 euros. Le "BLMSpagnol" est ainsi devenue la 1279ème langue mondiale, ce qui n'est pas rien ! Mais au final, qu'est-ce que tout cela ? Que restera-t-il quand nos héros auront déserté la scène des grandes pentes engagées ? (Ce qui est déjà le cas depuis un petit bout de temps si l'on se réfère à leur site quasi-fossile) Pas grand chose. Bien sûr, quelques forts skieurs continueront de lancer un petit "Base !" en hommage aux stars englouties avant de se jeter dans le vide d'un 5.4, mais le monde entier aura oublié tout de ce qui a fait ces hommes. Leurs rictus stupides, leurs expressions débiles, leur calembours à la petite semaine. Leur oeuvre en quelque sorte.

Les plus grands, cependant, sont immortels. Molière, Hugo, Voltaire, et plus proche de nous Sartre, Duras, ou Loana (du Loft) ont laissé leur trace dans l'Histoire. L'immortalité donc sera le dernier défi du BLMS. Avant de disparaître, à jamais, l'esprit tranquille, le corps en paix. Laisser leur patte, leur griffe, dans les livres. Un challenge à la (dé)mesure de nos néo-trentenaires. Tous trentenaires ? Non, un petit dernier résiste encore et toujours à l'envahisseur... le blondinet ! Mais trève de plagiat, voici la preuve irréfutable que le BLMS est passé du monde pointu de la montagne à celui, très vaste, de Monsieur (ou plutôt "mademoiselle") tout le monde. La preuve ? Cet article du numéro 244 de "20 ans", un confrère plebiscité par les fillettes prépubaires en mal d'hormones.

Le terme "basent", 3ème personne du pluriel du verbe "baser" (employé entre guillemets et entouré de rouge dans le document joint à cet article), fut probablement introduit dans la langue Fr
ançaise par le BLMS et usité sans ménagement (ni trêve) depuis un bon petit paquet d'années par le même BLMS (bien aidé par la suite par leurs sémillants collègues du Nimp Crew). Il vient de l'activité ultra confidentielle dénommée base-jump, plus que certainement ignorée par l'équipe rédactionnelle du sus-nommé magazine pour acnéiques.

Savoir comment un mot si noble a bien pu atterrir dans une publication philosophique aussi renommée que grand public demeure à ce jour un mystère inexpliqué... mais nous allons mener l'enquête !



lundi 5 février 2007

La "Viguenmania" déferle sur la planète !

De notre envoyé spécial en Amérique Latine.

Le métier de journaliste réserve parfois de merveilleuses surprises. L'engouement suscité par la récente apparition sous les projecteurs du Viguen en est une. Et de taille. On peut ainsi dire sans hésiter qu'une véritable "Viguenmania" à faire pâlir de jalousie un Bruel des grands jours s'est emparée non seulement du quartier St Bruno à Grenoble (où le Vig a bénéficié d'une déification quasi instantanée), mais aussi d'une bonne partie de l'Amérique Latine, Brésil en tête. Le Vig semble bien pris dans le "Star Système", pendant que le L, quant à lui, reste prisonnier du classique "Narcisse-thème"...

Ici au pays du futebal (prononcez fouchebaaaou) et du bikini timbre poste (prononcez Mmmm...), le Vig vient de détrôner Zinédine Zidane en (coup de) tête du palmarès des Français les plus célèbres du pays. Les filles sont folles de son corps, les ventes de Berlingo ont été multipliées par 4, l'état de ces Berlingo s'est également (et étrangement) dégradé à un point de délabrement général encore jamais vu par les concessionnaires sud américains de la marque au double chevron... Bref, ici, on ne badine pas avec les idoles, on suit la voie qu'ils tracent, point barre.

Les gamins des rues ne sont pas en reste, du reste les grands entrepreneurs et les géants de la boisson sucrée pour enfants ne s'y sont pas trompés: ils ont misé sur le Vig... et ça paye ! Découvrez en avant première mondiale la campagne publicitaire pour une nouvelle boisson énergétique à la gloire de notre Marseillais exilé. Notez au passage le recrutement à prix d'or d'une jeune Française par "Lansb Elite Fashion". Cette nouvelle recrue, qui pose pour Vig avec un plaisir non dissimulé, toucherait dans les 10000 eurs/jour pour cette prestation. Quand on vous dit qu'ils ont vu grand !

Nous en profitons pour vous livrer en exclusivité quelques uns des slogans pondus par les experts marketing de la place Pauliste:





"Si en escalade tu veux voler comme un Mig, bois du Vig !"
"Tu veux l'accent de Pagnol et de Bouzigue ? Bois du Vig !"
"Bois du Vig, c'est fantastigue !"

Deux parfums sont d'ores et déjà disponibles: Vig'Orange et Vig'Ananas. A suivre dans un avenir très proche, un désodorisant pour voiture portant le doux nom de "Vig'ordure", ainsi qu'un substitut naturel au Viagra qui sera commercialisé sous le nom de "Vig'oureux". Tout un programme dont nous ne manquerons pas de vous faire part...

Intéressons nous de plus près au conditionnement des boissons dont nous bavardions avant nos disgressions hors de propos: rien n'a été laissé au hasard, comme vous pouvrez le constater en étudiant de plus près le packaging de Vig'orange. On y découvre un personnage de BD à l'effigie de Viguen, nommé "Viguenho". Il ne faut pas être Polytechnicien pour voir là un habile tour de passe passe des top publicitaires Brésiliens qui ont repris le concept gagnant de la Fondation Ayrton Senna, qui met en scène le petit personnage animé Senninha.

Un conditionnement de qualité pour ces boissons qui cartonnent en Amérique du Sud... en attendant de conquérir le monde !


Au second plan, un petit crabe portant le nom de "Japa" (soit "Jouy" en Portugais dans le texte car "japar" signifie "jouir"*) pince le derrière de Viguenho pour le lui botter (le train). Si vous ne voyez pas là une analogie criante de vérité, ce n'est pas des lunettes qu'il vous faut, c'est un chien et une canne blanche**.

Voilà, c'est à peu près ce qu'on pouvait dire de cette nouvelle tendance latino qui risque de s'amplifier dans les jours qui viennent, car le carnaval de Rio approche à grands pas...

* totalement anti authentique bien sûr.
** vous aurez reconnu l'inspiration Coluchienne évidente de ces propos.

mercredi 31 janvier 2007

Questions pour un champion: on cherche... un alpiniste

Indice chez vous: "Le plus célèbre Arménien depuis Aznavour"

Top !

Homme d'affaires Marseillais et RMIste célèbre du bassin Grenoblois, je fais mon entrée dans le cercle fermé des montagnards lors d'une projection privée de photos Calanquaises chez un célèbre plaintausaure de SMH nommé la Falcasse. Rapidement, je vois plus loin que le simple establishment Gucemien et me lance dans le grand bain des ascensions hors club.

Amateur de bonne chair (et m'encombrant du même coup d'un léger embonpoint), je ne tarde pas à goûter à toutes les bonnes choses de la montagne. Mes premières courses à Presles en second du L me font automatiquement accéder au prestigieux surnom de "The Client". Un surnom par la suite justifié lorsque j'entreprends entre autres des courses plus hivernales, en compagnie du Jouy.

Avec une enfance mouvementée dans une famille aimante mais passée au coeur des cités de la cité Phocéenne, l'art subtil du combat de rue, du défonçage de crane et des dents cassées n'a plus aucun secret pour moi. Prêt à mourir sur la route, cadenas de vélo à la main, pour défendre l'honneur bafoué de ma tendre génitrice, je suis un homme de principes et d'honneur, n'ayant peur que d'une seule chose: me faire sermonner par le L ou le Jouy lors d'un rendez-vous d'escalade où, avouons-le, je ne ne suis jamais avare en (dizaines de) minutes de retard.

Mes fréquents déplacements vers les sites de grimpe ou vers la montagne m'imposent un véhicule à la fois pratique et nécessitant peu d'entretien. Mon Berlingo Poubelator remplit parfaitement cet office. Contenant en nombre des objets aussi variés que des jerricanes d'huile, des croûtes de fromage dans le cendrier, des douzaines de bouteilles de bière vides, du pain, du jambon centenaire, des slips, de la salade verte, des pitons, une corde, etc..., il s'acquitte de sa mission à merveille, dégageant une odeur de camion benne et ne passant au contrôle technique que tous les 6 ans (si j'ai le temps). Un vrai poème que je ne conduis parfois que des pieds (mes mains étant occupées à manger un plat cuisiné avec des couverts s'il vous plaît) pendant que mon copilote tient le volant (parfois sur des kilomètres !) qui a grandement contribué à bâtir ma légende !

Amateur éclectique de choses aussi diverses que l'escalade, les Kebabs de l'Emir (les meilleurs de Grenoble soit dit en passant), et le BMX, que je pratique avec des jeunes garçonnets en général deux fois moins âgés que moi, je ne ménage pas ma peine sur ces ridicules bicyclettes de cirque et m'offre une chute sur le crâne qui me vaut une amnésie complète de 3 jours. Heureusement, je portais sur ma caboche (qui en a vu d'autres) un casque d'un autre âge que le L m'avait sommé de mettre au rebut... il y a trois ans, lors de notre première sortie grande voie ensemble ! Je ne vois pas pourquoi je le ferais, puisque cet indispensable élément de la chaîne de sécurité est encore indemne ! Normal me direz vous, c'est ma boîte cranienne qui a tout ramassé...

Aussi connu pour mes phrases méprisant la plus élémentaire construction syntaxique suggérée par la grammaire Française ainsi que sa ponctuation que pour mon enthousiasme qui n'a pas son pareil on peut dire que je suis rongé par la passion Hurlant de douleur à la sortie des Moulins avec le Jouy séchant comme un saucisson au bout d'une corde dans le crux "Oxus" ou barbotant dans une vasque glauque du Furon avec le L (en ne sachant pas nager mais qu'importe !) je n'ai qu'un mot à la bouche "Merci !" Un engouement qui force le respect. (C'est pénible hein ? Les points et les virgules, c'est petit mais c'est utile !)

Vivant en collocation avec deux autres "marginaux" épris de nature et d'environnement, notre appart est un lieu chaleureux d'accueil pour nos amis grands... et petits: ainsi, nous n'avons pas hésité une seconde à offrir nos services pour babysitter pendant un mois plein le petit monstre de la voisine du dessous, dont le père purge une peine de prison, pendant que la maman souhaitait rendre visite à sa famille résidant dans un pays lointain... Un montage qui n'a finalement pas vu le jour mais qui témoigne de mon sens du service et de l'amitié.

Aujourd'hui le monde change, pour moi et pour mes compagnons de cordée, car ma légendaire disponibilité 7j/7j-24h/24h se voit affaiblie par un événement choc: je viens de retrouver du travail ! Une excellente nouvelle pour quelqu'un comme moi qui a toujours le sourire et un moral en béton face aux épreuves de la vie professionnelle.

Si selon l'état civil mon identité formelle se décline en "Yann Heratchian", mon véritable prénom d'origine Arménienne est plus inédit et coloré. Je suis, je suis...

Viguen dit "Le Viguen" ou plus simplement "Le Vig" !


Le Vig à un relais suspendu au cours de l'ascension d'Oxus avec le L.

lundi 15 janvier 2007

Le L fond les fusibles, prend sa retraite et s'enfuit en Amérique du Sud !

L'homme d'affaires, fondateur et actionnaire majoritaire de Lansb Press Associated plaque tout et s'envole pour le Brésil.

Les fidèles abonnées l'auront remarqué les premiers: Lansb Mag, autrefois toujours à la pointe de la connerie et des scoops de mauvais goût, a pris l'allure d'un site fossile qui n'est pas sans rappeler ceux des illustres BLMS et Nimp Crew.

L'Américanisation de notre société n'a pas épargné le groupe de presse le plus célèbre du bassin Grenoblois. Ces derniers mois en effet, le parcours de Lansb Mag a été émaillé de procès intentés par quelques hauts personnages Oisanesques que nous ne nommerons pas, et qui ont coûté à la rédaction quelques millions de noisetas (monnaie officielle de la BLMSpagne).

De plus, ces mêmes derniers mois ont été extrêmement mouvementés au sein de baase le BLMS. Grands chambardements, trahisons, et grands n'importe quois furent légion, en voici quelques exemples en vrac:

- Le Jouy, dit "Fanfan au coeur pur", n'en finit pas de se perdre dans les labyrinthiques chemins de la passion. Ses amis, la boussole de l'Ile Verte en tête, essayent de l'aider à s'orienter mais le beau blond, fidèle à son éthique immaculée, trace son propre chemin.

- Maximilien Bertrand Menard, autrefois connu sous le surnom terrible de Max la Menace, attend, c'est une exclusivité Lansb Mag, un enfant de sa compagne, la charmante Drine (autrefois connue sous le nom de Sandrine). A l'heure où vous lisez cette bafouille, de nombreux détails croustillants sont en notre possession mais nous préférons vous les offrir à l'occasion d'une interview officielle de l'ex Meusien.

- le Vonk est en pleine renégociation des prix du concombre sur la zone Ile Verte / Notre Dame, dont il est le représentant légal. Le cours officiel des fruits et légumes de la région est disponible sur son site poireaucourgette.fr.

- Enfin le B, gravement accidenté il y a quatre mois, se remet plutôt bien de son terrible crash. Tellement bien même qu'il a décidé de chambouler la plupart des valeurs qui étaient les siennes, à commencer, anecdotiquement, par sa non consommation d'alcool et son abhorration pour la fête... Bref, nous n'en dirons pas plus sur cet odieux personnage qui, pour ce nouveau départ dans la vie, a préféré se confesser à Voici plutôt qu'à notre journal, pourtant inconditionnel ami et aficionado de longue date...

Tout ceci a contribué à la terrible décision prise par votre dévoué serviteur: une retraite anticipée (bien que méritée soit dit en passant). L'année 2007 avait pourtant bien commencé: un 7b dans la poche à St Pancrasse à l'occasion du retour à la grimpe avec un B surprenant (un chausson + une baské + 3 mois alitette = 6b), une magnifique sortie à Fantomas avec le Jouy deux jours plus tard... et puis plus rien !

Disparition, enlèvement ? Les enquêteurs n'y croient pas trop. Le type est plutôt du genre à prendre les devants (voire les derrières, mais c'est une autre histoire). Les premières pistes de retraite ont été confirmées par la découverte d'un bulletin d'abonnement à son nom au Club Pyramide de Saint Martin d'Uriage. Par la suite, la hausse spectaculaire des relevés d'audience Médiamétrie de l'émission "Des chiffres et des lettres" animée par le rebelle Laurent Romejko n'ont fait que confirmer cette thèse. Une dernière vérification concernant les parts de marché de Derrick en début d'après midi, la preuve en était faite: le L avait tout plaqué !

Le Lansb est donc à la retraite, mais où ? Absent de son domicile Grenoblois, sa compagne Elsa a refusé de répondre aux questions des forces de l'ordre, mais ceux-ci sont formels: un magnifique étalon blond d'1m92 éructant des "muf !" à intervalles réguliers se promenait à demi nu dans l'appartement lors de leur passage...

El Gringo se serait-il réfugié à l'étranger ? Son absence remarquée à l'enterrement de Jacques Crozemarie ne doit pas faire oublier ses anciennes relations avec Pierre Botton et Jacques Medecin: sa propre équipe de reporters s'est donc mise en chasse du L en Amérique du Sud, où, flair oblige, ils ont vu juste.

L'ex-magnat de la presse, celui que les femmes du monde entier appelaient de leur voix suave le "Fils du Soleil", était venu le rejoindre, justement, le soleil. Une fois débusqué, prétextant avec une mauvaise foi évidente un reportage sur le silicone, il n'a pas tenu à répondre aux questions de ses propres journalistes. Comme quoi tout fout le camp. Les enquêteurs de Lansb Mag ont retrouvé leur excentrique boss au Brésil, après un "nervous breakdown" du à un début d'hiver fou dont le BLMS entre autres n'est pas sorti indemne...

Les observations de ces derniers apportent cependant quelques indices précieux: tout d'abord, Ra, puissant astre du jour, n'a pas été tendre avec son rejeton. Ici, les rayons se moquent pas mal des Méditerranéens. Du racisme anti-blanc en bonne et due forme. Ceci étant, l'homme étant aussi à l'aise dans un dîner en ville que lors d'une Pizza Party au CMC (c'est dire si son surnom de Caméléon n'est pas usurpé !), il se serait déjà remarquablement adapté aux coutumes locales. Pour preuve, ce cliché volé par nos services... String démodé, cul rebondi, chapeau ridicule et lunettes de natation: il y a du chemin à faire mais notre homme est en route !

Finalement ramené à la raison par ses employés et par son ami le B (qui a finalement accepté de passer à table dans les colonnes de Lansb Mag), le L a mis de l'eau dans son vin et accepté de revenir aux affaires d'ici un mois. D'ici là, les usines de Lansbotek ont repris du service, et de leurs engrenages devraient sortir une ITW musclée du M, que son surnom de Chatelain Genevois exaspère à juste titre, ainsi qu'une découverte d'un personnage haut en couleurs qui aurait du avoir cet honneur il y a longtemps: "LE" Viguen.

L'équipe de la rédaction vous souhaite à toutes (et à tous j'oubliais que j'avais quelques lecteurs mâles) une excellllente année 2007.

dimanche 26 novembre 2006

Lansb Mag Classic: un document d'archives exceptionnel !

Un dicton populaire bien connu clame que la valeur n'attend pas le nombre des années. On pourrait ajouter que la connerie non plus. Et nous le prouvons ! Aujourd'hui, spécialement pour toi, ami lecteur, une équipe de "conneristoriens" a déniché une perle: des révélations fracassantes sur le passé du plus malicieusement imbécile des magnats de la presse, votre prétentieux serviteur. Oui, au passage, je ne supporte plus les "humbles serviteurs", sus à la fausse modestie.

A l'époque de ses légendaires études d'ingénieur donc, votre imbu-de-sa-personne serviteur dirigeait une non-association ayant défrayé la chronique sur le campus, le "Club Misère". Prenant à contre pied le courant associativo-bénévolo-estudiantin, celui qui allait devenir le L avait réussi à propulser cette connerie-hommage à Coluche jusque dans la presse nationale !

En effet, L'Express n°2490 du 25 au 31 mars 1999 publiait un article sur ce fameux (et défunt) Club Misère. Nous avons retrouvé ce précieux document et ce n'est pas sans une certaine délectation que nous vous l'offrons aujourd'hui comme une tribune sur un passé de jeunesse insouciante, sur un état d'esprit peut-être pas si has-been que cela...

A titre anecdotique, l'histoire d'amitié entre le L et le M naquit progressivement suite à un mail général (à l'attention de l'école entière) sobre mais sans équivoque du futur "M": "J'encule Lambert et le Club Misère". Bigre bigre...






mardi 21 novembre 2006

32 ans de Manu Tessanne: son fan club témoigne...

Un cliché rare: Manu Tessanne dans un état presque normal. Ce garçon demeure un mystère et le fantasme de tous les psychologues...

32 bougies déjà pour l'immensément populaire Emmanuel "Man" Tessanne. Le plus célèbre et à la fois inélégant des moniteurs d'escalade de la vallée du Grésivaudan reçoit, pour l'occasion et via son fan club officiel, de nombreux témoignages d'amitié (ou pas) venus de la région toute entière...

Voici en exclusivité pour Lansb Mag un véritable « pot pourri » du « Courrier des lecteurs » de son fan club: le TTTTTTTTTTFC (Tapette Tarlouze 'Tain T'es Trop Top on T'adore Tous pour Toujours Tessanne Fan Club)

De la part…

… d’une ancienne étudiante ayant effectué un très court passage au Gucem:

Espèce de salaud,

Au fond t'avais raison, j'étais mignonne mais la moustache ne m'allait pas. Je ne te remercierai jamais assez de me l'avoir fait remarquer en public... Après une épilation au laser et deux ans de thérapie pour surmonter les troubles mentaux que ta rencontre a provoqués, j'ai enfin pu réaliser mon rêve. Tu n'es qu'un gougnafier mais finalement tu m'as ouvert les yeux. On va dire qu'on est quitte.

A jamais,

Titia, mannequin à l'agence Elite.

… d’un client:

Cher Monsieur Tessanne,

Je vous remercie pour la belle journée de plein air vécue à vos côtés. Je ne regrette absolument pas les 50€ de participation aux frais pédagogiques et matériels. En revanche, je suis consterné de voir l'usage que vous faites de cet argent dûment gagné dans d'obscures soirées Chartrousines. Je ne vous en félicite pas.

David Sayatham.

… d'un ami spéléologue :

Yo Man,

Ce mot tient lieu de cadeau: c'est un « bon » pour une nuit toutes options avec Maud Simonet-B. Tu verras c'est de la bombe ! Joyeux anniversaire !

Pascal G.

… d’un admirateur anonyme:

Bonjour Emmanuel,

A Orpierre, j'ai déposé, avec un peu d'avance, un présent sur le toit de ton Vito. Comme tu as pu le voir, c'est un cadeau qui venait des tripes ! Ne me remercie pas, les amis sont là pour ça,

Pour la suite, je te dis « merde ! »,

Mathieu C.

… d’un ami de 30 ans:

Salut Manuel,

Nous nous sommes toujours connus et avons tout partagé en deux: tu as eu le mental et j'ai eu la force. Bon, c'est vrai, tu as aussi eu la force. Tu as eu Charlotte et j'ai eu la liberté. Disons plutôt que tu m'as pris Charlotte et que du coup j'ai été libre. Tu travailles avec des amis sympas et j'ai du supporter le Lansb et le Blanchard tout l'été. Mais je sens que la chance tourne enfin: en effet, j'ai toujours plein de cheveux et ta calvitie progresse au grand galop: tu finiras avec une casquette en peau de fesses !

Je te déteste, passe un anniversaire pourri !

ton employeur et ami d'enfance, le Foué.

Un message qui vient du Ciel:

Au nom de Moi, du Fils, et du Saint Esprit, Amen !

Bon anniversaire mon fils. Je suis encore une fois désolé d'avoir raté la conception de tes attributs génitaux. J'étais un peu distrait et j'ai utilisé le même moule que pour ceux de Michel Petrucciani. Je constate avec plaisir que tu fais malgré tout un usage honorable de ton ersatz de pénis. Embrasse Chloé et Camille pour moi, et dis à Romain qu'il pourrait passer manger à la maison voir son vieux père de temps en temps.

Dieu.

… de Gabriel F.


Joyeux anniversaire Manu ! J'aurais aimé te voir plus souvent ces temps-ci mais ma copine fait sa première dent et du coup elle dort mal et pleure beaucoup. Comme on est réveillés toute la nuit j'ai dû inventer des jeux pour passer le temps au lit, je t'expliquerai...
Bien à toi,

ton Falcounet.

… de la DRJS Rhône Alpes

Monsieur,

Nous apprenons suite à de longues recherches que vous avez été le conseiller de stage d'un candidat qui vient de brillamment réussir l'examen final du BE Escalade. Devant les performances stratosphériques réalisées par votre protégé lors de ces épreuves, nous souhaitions vous adresser nos sincères félicitations pour le travail de coaching et de formation que vous avez effectué sur ce personnage d'apparence ingrate. Sachez en outre que les portes du MJS vous sont ouvertes et que vous nous honoreriez d'accepter un poste de consultant. Votre prix sera celui du contribuable.

Veuillez agréer, bla bla bla,

… du Président de ton fan club...:

Salut mon Man’,

Cher et grand ami, pour ton anniversaire et compte tenu de tes compétences avérées en matière d'enfants, je suis prêt à partager avec toi ce que j'ai de plus cher au monde... Accepterais-tu la garde alternée du Jouy ?

Très amicalement tien, ton ami le L.

lundi 20 novembre 2006

Nouvelle formule !

"Lansb Mag écrit tout haut ce que les autres n'osent pas penser tout bas."

Tel est le nouveau slogan du #1 de la presse montagno-people iséroise. Un an presque et demi d'une existence cahotique n'ont pas eu raison du nouveau né, même s'il présentait des malformations a priori fatales. Les esprits malades et fébriles qui sont responsables du flot quasi ininterrompu de connerie sur ce canal en ont enfin terminé avec la grande saga de l'été.

Ce timing semble être parfait car la belle saison vient justement de s'achever ce week-end, le mercure ayant finalement accepté de passer sous la barre des 20°C... L'hiver arrivant donc (enfin ?), il va être grand temps de "faire du gras" telles les marmottes afin de se mettre à l'abri de la morsure du froid. Et pour être gras, LM ne craint personne, pas même Jabba the Hut ou son jumeau Guy Carlier...

C'est donc avec une certaine émotion que nous vous présentons, dans ce nouvel écrin, la collection "Connerie Automne-Hiver 2006/2007". Nous espérons que notre lectorat en expansion exponentielle (à moins que ce ne soit logarithmique, mes souvenirs sont vagues) saura apprécier ces quelques kilogrammes de gras dans un monde de finesse...

mercredi 15 novembre 2006

LPCMI 2006: U, V, W, X,, Y, Z comme... Z'est fini !

U comme U mo paese

J’y tiens à mon village. Mes racines sont là, mes plus beaux souvenirs d’enfance aussi. Pour lui, pour ma grand-mère, pour Elsa, je suis encore capable de faire des « folies » comme à 20 piges. La fête de l’église, rassemblement incontournable ces dernières années, a été le théâtre d’une de ces « conneries » qui défoncent la santé, mais qu’on referait pareil si c’était à refaire. Le 11 août, après avoir encadré en canyon toute la journée, j’ai ramené les clients à Zonza, rangé le matos avec eux, m’excusant de ne pas aller boire un coup (une fois n’est pas coutume).

En voituuuure ! C’est un combat de rue toutes options, dépassements 4 étoiles (euh, 4 points plutôt) sur la descente de Bavella, franchissement du mur du son à Vix, traversée « sportive » de Ghisonaccia, remontée à bloc au village par Chiatra. Je regrette que ma mère n’ait pas été dans l’auto, elle aurait apprécié ces… 115km de routes Corses. Ceux qui les connaissent savent qu’il vaut parfois mieux faire le triple sur autoroute ! Douche, petit « en cas » avec Tonia, et ensuite, fête sur la place. Enfin attablés, on mange, on trinque, on discute, on rigole. C’est une des rares occasions de voir l’ensemble de la population établie et des estivants réunie. Ne la ratons pas. La plupart des anciens sont là, plus ou moins en forme. Je prends quelques clichés, pas folichons aujourd’hui mais qui prendront une autre perspective quand ces mémoires vivantes des temps passés se seront éteintes…

Je me couche vers une heure du matin, sans excès. A six heures et quart, après un bref petit déjeuner, je reprends la route, quittant un Petricaghju à peine endormi. A huit heures moins le quart, au terme d’un voyage à Mach 12, je gare la caisse fumante devant Corsica Madness*. Les premiers clients vont arriver, je suis déjà épuisé. Il faut pourtant partir en montagne et gérer une nouvelle journée de travail… Finalement, être logé à Zonza, ce n’est pas si mal !

Petricaghju, havre de paix.

V comme Vacca

Un magnifique canyon encaissé, aux biefs magnifiques et aux sauts amusants. Un saut de 24m que le destin m’a empêché de faire le jour de mon départ. Aurais-je sauté ? Peut-être pas. Si oui, m’en serais-je tiré indemne ? Peut-être pas non plus… Ca me fera un bel objectif pour 2007 !

V comme Vomir

Boire l’eau des rivières, faire fondre de la neige pour s’hydrater, ce n’est pas la première fois que je le fais. Ca fait des années que donne priorité à ma soif du moment par rapport à d’éventuels problèmes gastriques inhérents à cette prise de risques. Mon opinion va peut-être changer. Rappel des faits : Romain perd sa bouteille en canyon, celle de Mathieu* se vide malencontreusement. Mat fait le plein d’eau de la Purcaraccia et donne à boire au Lansb, avant d’engloutir le reste de la flotte maudite.

Quelques heures après, Mat est malade comme un chien. Il a même appelé le 112 pour obtenir le numéro du médecin de garde, car nous n’étions pas présents dans la chambre ! La nuit venue, Foué* parti en repos avec ses parents, je profite du grand lit. Ainsi, pensais-je, je ne risque pas d’être malade à mon tour et de compromettre mes chances dans la course du San Petrone. Je n’aurais pas besoin de ça …. Mat dort dans l’autre chambre. Je suis réveillé en pleine nuit par un bruit de gargouillement atroce. Quelqu’un agonise. Je me frotte les yeux, m’appuie sur les coudes dans le lit. Mathieu* vient de vomir* sur la moquette de sa chambre. Dans l’obscurité, je vois le malheureux bondir vers les toilettes, dans un élan désespéré. Trop tard. Arrivé au pied de mon lit, il s’arrête net, casse le buste en deux, tête entre les jambes. Bloooah ! Il vient de récidiver. Mat finit sa course dans la salle de bain, pour s’essuyer le visage, et passera un long moment assis sur le carrelage, déconfit. Les malheurs du haut-savoyard ne s’arrêtèrent pas là : le lendemain, entre diarrhée et vomissements, il est totalement déshydraté et en hypoglycémie. Lors d’un court passage au Zampo entre deux accès de fièvre, pour prendre l’air (à 20 mètres de la maison), il s’effondrera, faisant souffler un vent de panique dans l’artère principale du village quand les pompiers interviendront !

Ces péripéties vaudront à Mat, le temps de quelques heures, le surnom* de « Vomito ». J’aurais mieux fait de ne pas me moquer. Les effets de la Purcaraccia ont mis 48h pour me démonter la tronche, mais j’y ai eu droit aussi. De retour du village où je me remettais de ma course manquée, le dimanche soir, j’ai la sensation inédite d’avoir envie de vomir* en conduisant. Bizarre, ça ne m’étais jamais arrivé. Je débarque à Zonza* à 23h30 et ne demande pas mon reste : au dodo ! Il va me falloir des forces car je suis revenu exprès pour palier à la maladie de Mat. Deux heures plus tard, j’ai une boule de métal dans le bide : que ça fait mal ! Je me tords de douleur dans mon duvet, et demande à Mat des médocs. Rien n’y fera : une heure après, je fonce aux toilettes et rends l’intégralité de la tarte aux herbes de ma grand-mère, secoué par plusieurs spasmes violents. Sophie*, que mes compères viennent de récupérer à l’aéroport d’Ajaccio, et qui dort par terre, est ravie de cet accueil princier. Je passe une grosse demi heure avachi sur la cuvette, ne sachant pas quelle sortie choisira le liquide indésirable pour s’échapper de mon corps tremblottant…

Le lendemain, je suis complètement épuisé, d’une faiblesse… « Blanchardesque ». Alité jusqu’en fin de journée, alternant poussées de fièvre et chiasse mexicaine, c’est finalement… Mathieu* qui prendra mon groupe en charge et me remplacera ! Je lui avais rendu un service identique samedi…Un partout, la balle au centre. Mais c’est terminé : on ne nous reprendra plus à ingérer la flotte de ces rivières ! Le bruit courait, à Bavella, qu’un cadavre de mouflon avait été vu en amont du canyon… probablement une victime des crûes orageuses des jours précédents… L’orage* venait, indirectement, de faire deux victimes de plus.

Z comme Zonza

Le village clé de l’Alta Rocca. Au pied des aiguilles, ce village très touristique sait garder une âme. Il a de la gueule, il est situé dans une des plus belles forêts Corses, l’Ospedale. J’ai aimé mon séjour là bas. Ce n’est pas le même attachement qu’à mes racines familiales de Castagniccia, mais j’ai envie d’y retourner. La saison « touristique » y est acceptable, même agréable, ce n’est pas Saint Tropez, ni même Porto Vecchio. Et il y a tant à grimper…





LPCMI 2006: S et T comme...

S comme Sophie

Connaissance de Mat Blanchard et du Foué* Chopard, cette grenobloise est venue en renfort pour s’occuper du secrétariat de « l’association », et ce dès la fin juillet. Sympa et mignonnette au premier abord, j’ai eu la délicatesse de l’accueillir, malade comme un chien en vomissant bruyamment à quelques décimètres de son duvet . Pourtant, en gentleman, j’ai eu l’obligeance de déposer ma tarte aux herbes à peine attaquée par les sucs gastriques dans la cuvette. Grand seigneur. Au fil des jours cependant, la miss a montré quelques limites. Sa présentation des canyons, véritable institution, était aussi invariable qu’une règle de grammaire :

« Entrez, il y a des photos. Sur votre droite, le canyon de la Purcaraccia, un canyon très ludique, avec des toboggans et deux grands rappels* », débitait elle sur un ton monocorde.

- Sur votre gauche, la Vacca*, un canyon essentiellement de sauts.

- Mais certaines personnes intelligentes le font aussi !

s’exclamait un Foué* soudainement apparu à la devanture du local. Les clients s’esclaffent. Sophie pas.

- Elle n’a pas encore saisi ma blague !

renchérissait la « machine à anecdotes* », sourire aux lèvres, les épaules situées à 80cm de part et d’autre de son cou. Et le voilà de rebondir dans une description « adaptée » des possibilités des canyons proposés, vantant en priorité les mérites de celui pour lequel il restait de la place le lendemain, usant de son charme pour séduire les dames, de son humour pour inscrire les messieurs, etc…

C’est parfois ce type d’attitude « vendeuse » qui a manqué à Sophie M., par ailleurs très gentille et serviable (merci pour la vaisselle !). Je n’irai pas, comme l’ultraviolente « Blanchardisation », la classer définitivement dans la catégorie « des gens que je considère comme inutiles » ! Quoique… Son copain (à Sophie, suivez !), prénommé Mathieu* lui aussi (décidément), avait la fougue de ses jeunes années. Avec tout juste deux décennies au compteur, il a tenu quelques propos illogiques (« La moto est bien plus physique que l’escalade ») que son jeune âge nous a aidés à pardonner avec la condescendance, de nos yeux d’adultes. Il est vrai que ses déclarations tonitruantes étaient difficilement défendables, lui, le motard au physique de crevette, comparé à celui d’un grimpeur de bloc pur jus, le Foué*. L’une de ses interventions les plus marrantes a eu lieu au « Randonneur », où nous avions nos habitudes. Il s’agit d’une petite pizzeria Corse ayant pignon sur rue à Zonza*, avec un patron costaud et impressionnant, roulant soit dit en passant dans une magnifique Audi RS4. L’ami Mathieu*, originaire de la bourgeoise ville de Senlis, s’en est allé demander un « café gourmand ». Devant l’incompréhension de la serveuse (Anglaise !), il a éclairci son propos en parlant d’un « café assorti de petites mignardises ». Tronche ahurie de la demoiselle, encore plus perdue ! On avait du mal à ne pas éclater de rire !

S comme Stagiaire

CENSURE PAR LE CSA (Comité de Sauvegarde des Apports en euros)

S comme Surnoms

Nous nous en sommes affublés. Rien de surprenant, je m’en suis déjà, vous le savez, attribué plus d’une dizaine au cours de ma vie. « Le Véra de la Castagniccia » a cette fois été choisi pour moi, par Foué*. Quant Mat a demandé pourquoi un véra, Foué* a été tranchant :

« Ben si, Romain c’est quand même un gros porc ! »

J’ai été touché. La sagesse, le calme, le rôle de « juge de paix » plaisant bien à l’armoire à glace Chartrousine, il se vit coller l’étiquette de « Vache placide de Bavella ». Quant au bambin binoclard, légende vivante du dortoir filles des résidences universitaires, son habileté, sa soif d’indépendance, son aisance firent de lui « le Cabri de l’Alta Rocca ».



Le « cabri de l’Alta Rocca » prend son envol devant un parterre (ou un par-mer ?) de clients ébahis !


La « vache placide de Bavella » n’est jamais à court de bons mots. Et toujours cette largeur d’épaules unique sur le continent Eurasien…


S comme Sniper

Des clients, nous en avons vu des centaines. Le plus original, en ce qui me concerne, était un jeune ancien combattant, euh à moins que ce ne soit un ancien jeune combattant ? A 24 ans, il était « sniper » dans l’armée, tireur de précision. Il pouvait dégommer à +800m ! Il manquait un doigt à ce garçon, arraché par une balle de paysan en Côte d’Ivoire. Il avait également été victime d’une balle dans la tête. Un type simple, discret sympa, ayant aussi bourlingué au Kossovo et dans d’autres contrées dangereuses, mais qui avait malgré tout un peu peur en rappel* ! Peut-être avais-je eu tort de lui affirmer qu’il ne risquait rien, une situation nouvelle pour lui…

Autre personnage haut en couleur, Valery. Un type du Sud, vendant des hélicoptères ! Pas banal ! Ses gosses étaient sportifs et sympas, j’ai bien accroché avec cette petite famille qui a fait plusieurs canyons en notre compagnie.

Je me souviens également de deux beaux mâles, la trentaine bien entamée, propres sur eux, bronzés, poilus, le cheveu coupé et coiffé, la belle Audi A3. Convaincu qu’ils vivaient ensemble, j’ai ai eu la confirMation quand, à la fin de la journée, ils m’ont dit : « tu sais, on a du mal à avoir des enfants ! » en éclatant de rire. Ils étaient beaux et vraiment sympas. Ca vaut parfois mieux qu’une troupeau de gonzesse au physique répugnant. Un excellent souvenir que ce couple pas comme les autres.

Bon souvenir de Gilles et Hélène, un ex gendarme et une motarde, la cinquantaine tous les deux. Sympas, sportifs, et ouverts. De quoi vous faire aimer les képis, un comble ! Il fallait rien que pour cela les mentionner.

Enfin, et sans bien sûr être exhaustif, je tiens à mentionner le trio Jérôme, Angélique, et Isabelle. Sympas ces trois là. Jérôme a été l’auteur d’une remarque mythique à l’attention d’un touriste qui me demandait, comme tant d’autres avant lui, si « ça saute là ? ». Comme d’habitude, ne voulant prendre aucune responsabilité vis à vis de gens qui ne sont pas de mon groupe, j’ai esquivé la remarque, ignorant mon interlocuteur. Ca peut paraître un peu rustre, mais je ne veux pas d’emmerdes. Il réitère alors sa demande auprès d’un de mes clients :

« Ca saute dans la cascade là ? Vous avez sauté vous ? »

- Non, on a regardé la cascade et on s’est branlé !

Je regarde, médusé, Jérôme, hilare, fier de sa connerie. Ca m’a plu, vous vous en serez douté ! Le touriste n’a pas demandé son reste et s’est barré sans crier gare…

T comme Téléphone

Trempé. Bidon étanche de merde. Ou inattention de merde, j’ai du mal à choisir. Le résultat est le même ! Je démonte mon téléphone portable, indispensable élément de sécurité, range la batterie, mets ma carte SIM à l’abri, et pose la coque sur le muret de Corsica Madness*, pour qu’elle sèche. Mon écran est criblé de gouttes, de l’intérieur ! Quel bel objet ! Qui pourrait avoir envie de ça ? Un crève la faim a pourtant profité d’un moment d’inattention de Jérôme* pour me voler cette partie de mon Siemens à 1€ vieux de deux ans… et qui ne marchait même plus ! A la limite je m’en serais foutu, si ce n’est que ce minable larcin m’a empêché d’avoir accès à mes messages. Un, en particulier, m’aurait intéressé : Sophie Di Sante, l’amie de Nico, basée à Ponte Leccia, avait vu que ma course avait été avancée d’un jour, et me le disait sur répondeur. Ma grande déception de l’été aurait été évitée…

samedi 11 novembre 2006

LPCMI 2006: R comme...

R comme Rater sa vie

Par une belle journée, j’arrive de canyon avec des clients, dans un Zonza* bouillonnant de vie. Les tables des cafés sont pleines à craquer, des touristes dégustent des coupes de glaces géantes, certains jeunes Corses se « montrent », cheveux gominés, lunettes sur le nez et gros cubes rutilants garées à proximité (un tel manque de discrétion me répugne !). Les gens déambulent nombreux dans la rue principale, s’offrant des produits locaux, feuilletant livres, choisissant quelques cartes postales. Notre devanture ne désemplit pas, les canyoneurs du jour, ravis, rangent leurs sacs non sans fierté devant des badauds qui, devenus curieux, s’intéressent, pénètrent dans le local, posent des questions, matent les photos. Mat, qui était déjà rentré de la Vacca*, venait d’achever de suspendre ses combinaisons et plaisantait avec ses clients. Une fin de journée idéale, quand on a bien travaillé. Jovial après une belle sortie, j’entre en trombe dans Corsica Madness* et interpelle une mère de famille, juge d’instruction de son état :

« Alors, ça vous a plu ? Il a été gentil Mathieu* ? »

- Oui, très bien, c’était super !
- Vous avez bien fait d’aller avec lui alors. Si vous avez trouvé ça super avec lui, avec moi vous auriez trouvé ça génial, vous seriez immédiatement tombée amoureuse de moi, vous vous seriez rendu compte que vous avez raté votre vie !

J’ai adoré cette connerie sur le coup. Je l’ai vite regrettée : la dame a mis fin à ses jours le lendemain** ...

R comme Rappels

Un matin au local. Mon groupe est là tôt, je suis prêt à décoller, il n’est pas 8h30. Me voici donc, une fois n’est pas coutume de bon matin, de fort bonne humeur. Je constate à regrets que c’est Mat qui a récupéré les deux buenasses qu’on avait inscrites la veille. Lucky boy. C’est lorsque l’une d’elle déclare avoir peur en rappels et avoir déjà pleuré à l’occasion d’un tel exercice que je me suis finalement dit que j’étais très bien avec mon groupe de mâles. Mat lui, commençait sans doute à se rendre compte qu’il allait passer une rude journée en fin de compte. Soudainement inspiré, je pris la parole, singeant comme à mon habitude lors d’un briefing (ou de consignes*) mon Maître absolu, le « Camelback à pisse », l’illustre Apremontois Manu Tessanne. Je dis à la jeune fille, du ton le plus dogmatique possible :

« C’est très simple. Si tu as peur en rappel*, voici ce qu’il faut faire : tu colles tes lèvres sur celles du moniteur, et tu aspires très fort : tu seras collée à lui et donc en sécurité. C’est bien clair ? »

Parti dans un grand éclat de rire, le Mat, pourtant si prompt à dire des horreurs en privé, ne savait plus où se mettre. Je quittai les lieux rapidement avec mon groupe, ayant hâte de retrouver mon collègue soir pour savoir s’il avait mis à profit cette connerie pour se rapprocher de sa belle cliente…



Un moment fort du canyon : les rappels. Du plaisir pour certains, du gros stress pour d’autres…

R comme Ravis

On serait tenté d’en douter, à la lecture des péripéties et gueulantes parfois poussées. Eh bien sachez que tous les clients que j’ai eu entre les mains ont été ravis. Il en a été de même pour mes deux acolytes, à l’exception d’une journée d’orage* mémorable où les clients étaient déjà bien contents de rentrer en vie, lors d’un repli magistralement orchestré par mes amis titulaires (je ne suis qu’un humble « stagos »). Presque toujours, nous avons bu un coup, mangé une glace, une crêpe, ou un panini ensemble, après l’effort. Mes clients m’ont toujours invité, et dans les rares cas où ils m’oubliaient, Caro ou Béa* m’offraient la conso. Une entente en bonne intelligence. Parfois, plus rarement, il est arrivé de toucher des pourboires. Le grand père de deux jeunes filles m’a un jour donné 10€, c’est mon record personnel. François a été quant à lui gratifié d’un bifton de 20€, offert par un couple Croate. Cocasse non ?

** Ceci est bien évidemment faux ! La dame se porte comme un charme !

mardi 7 novembre 2006

LPCMI 2006: P, Q comme...

P comme Poutre

Foutu grenier : l’accès est non éclairé, le plafond est super bas… Après m’être fracassé le crâne deux trois fois soit dans l’escalier, soit sur la poutre au dessus du micro ondes, je décide de jouer la prudence. Je monte un matin à quatre pattes, histoire de m’éviter un nouveau réveil douloureux et misérable. En haut des marches, je me relève, content de moi. Baaaaam ! Mon crâne rasé vient de s’encastrer sur une lourde poudre : j’ai mal du compter, il devait manquer une marche. C’est Foué* qui m’a rappelé cet épisode, il m’avait entendu hurler de violentes insultes à l’attention de ce plafond décidément bien bas…

P comme Pigeault

Le bellâtre, l’AMM le plus sexy de la région. Ou pas. Christophe est un personnage controversé, dont la légende prétend que sa voiture aurait été plastiquée. Au final, d’un point de vue personnel, nous nous entendions bien. Je veux dire par là qu’il me laissait obligeamment doubler son groupe sans rechigner ni faire de remarque, une fois qu’il s’était rendu compte que j’étais systématiquement plus rapide que lui (sans porter un quelconque jugement sur ses compétences, il avait, à sa décharge, souvent des groupes très chargés). Je crois que Mat et Foué*, également plus efficaces et le dépassant régulièrement, n’ont pas toujours entretenu de bons rapports avec cette montagne de muscles. Au final, je pense que c’est un type correct qui gagne sûrement à être connu.

P comme Petru

Petru : un vieil homme au visage buriné par le plein air, barbu comme pas deux, qui tient une auberge sur le magnifique plateau du Cuscione. Nous y avons dîné un soir tard, invités par Henri qui nous avait tous trimballés dans son PT Cruiser décapoté. Une vieille table en bois, de la viande et des légumes maison, une bouffe campagnarde à la bonne franquette, comme je les apprécie tant. Autour de la table, parmi la quinzaine de convives, « Pierrot », berger rustique de 72 ans, ami d’Henri, possède un passé riche en histoires. Conversant avec lui (parfois en Corse), j’ ai appris qu’il était au Conseil Général par chez nous, en Alesani, du temps de François Riolacci. La Corse est décidément bien petite. Henri aussi s’est mis à table ce soir là. Quelques anecdotes* croustillantes ont épicé le repas, celle de son éphémère rencontre érotique avec une belle dame dans un train de nuit rentrant d’Italie est digne de rentrer dans le répertoire inépuisable du Foué*…

P comme Perdre son 8

Cela m’est arrivé trois fois. C’est énorme non ? A la Vacca*, on mouline certains clients au saut de 9m et tous sans exception au rappel* de 12m. Ca va plus vite, et comme c’est très glissant, ils ne se blessent pas aux mains en se faisant rabattre sur le caillou après une zippette que leur mauvaise position de rappel* ne leur épargne qu’exceptionnellement. Les clients sont attachés au moyen d’une longe à une queue de vache en bout de corde. Ultra simple. Leur mousqueton à vis et leur 8 pendent donc entre leurs jambes, accrochés au pontet, parfaitement inutiles. Par trois fois, j’ai eu des clients qui, malgré mes injonctions (qui a dit insultes ?) hurlées depuis le relais, ont détaché leur 8, l’ont laissé couler dans la vasque, ont tenté de nager avant de se rendre compte qu’ils étaient toujours solidaires de la corde ! Et ce malgré des consignes* simplissimes :

« Tu arrives dans l’eau, tu enlèves ce mousqueton-ci de la boucle de corde, et tu nages ».

Ces boulettes avaient le don de me mettre hors de moi car je ne comprenais pas qu’on puisse faire quelque chose d’aussi absurde : c’est comme s’ils jetaient leurs clés au fond de l’eau ! Cela m’a en tous cas valu des descentes au masque pour récupérer le Matos. Une fois cependant, m’étant rendu compte de cette erreur trop tard dans le canyon, je n’ai rien retrouvé en sondant les lieux le lendemain matin.

Q comme Quilici

« L’omu di Bavedda ». La légende locale, le grimpeur aux centaines de voies dans les environs, l’homme aux topos innombrables sur le sud de la Corse, l’ami de Nicolas Hulot, l’icône de l’Alta Rocca. Un type attachant ce premier Guide de Haute Montagne* Corse, à l’humour pince sans rire dont je fus parfois la victime, mais ceci avec le plus grand plaisir. Mon ami Mathieu* Blanchard ne fut pas épargné non plus, lui à qui Jean Paul avait dit lorsqu’ils se rencontèrent pour la première fois :

« Au début, ne m’en veux pas : je ne te dirai pas bonjour, je veux d’abord voir comment tu travailles ! ».

Le tout avec un regard de fer que Mat osa à peine soutenir. Avant que Jean Paul ne se déride et de se mette à rigoler. Jean-Paul est comme ça. Il m’a aussi « macagné » à mon arrivée, me traitant de « pinzutu » à l’évocation de mon nom de famille. Il me taquinait de temps en temps gentiment avec ça quand nous nous saluions en langue Corse le matin, au départ d’un canyon. A 63 ans, l’homme au bandeau a encore sacrément la forme. Il est aussi bougrement rapide dans la progression de son groupe, on sent toute l’expérience du gaillard. Un jour où je lui collais aux miches avec un troupeau de clients habiles, étant bien plus rapide que J.P. dans le rappel* de 12m à la Vacca*, je lui cédais, grand prince, la priorité au saut du Polonais, par respect. Il me remerciait d’un clin d’œil. Comme tous les soirs, de passage au cabanon du Parc Aventures en bord de route du col de Bavella, assis dans la voiture d’un client, je m’arrête et ouvre la fenêtre pour saluer les collègues. Jean-Paul et Jean-Pi sont là, discutant et rangeant du Matos.

« Cumu sì o pinzutu ? » me lance un Jean-Paul taquin et souriant.

- Va bè ! Mais j’ai buté toute la journée sur un vieux guide* qui n’avançait pas avec son groupe…

Je lance un clin d’œil à l’homme à la barbe blanche impeccablement taillée et repars en direction de Zonza*, hilare. D’après Jean-Pi, Jean-Paul n’a rien dit, il était scotché. On s’est revus plusieurs fois en canyon, on a pas mal causé lors de la pause finale à la Vacca*. Il m’a confié entre autres être en train de terminer un nouvel ouvrage. Il faudra se procurer ce livre, pour découvrir d’autres aventures de cet incontournable bonhomme, et en outre le secret de son inséparable bandeau…


Quand La Légende rencontre Une légende… Jean Paul Quilici, premier Guide de Haute Montagne Corse et personnage haut en couleurs, au sens propre comme au figuré !

mercredi 1 novembre 2006

LPCMI 2006: O comme...

O comme Odette

« Bonjouuuuuuuuuuuuuuur ! » Elle a une voix frisant l’énervement, la matrone du Zampo, mais c’est une dame fort gentille, souriante, et accueillante. Ciao Odette ! Mention spéciale pour Louis qui, deux mois après « l’évanouissement » de Mat à la terrasse de son café, s’inquiète encore pour sa santé : sympa aussi !

O comme Orage(s)

C’est la crainte principale en canyon avec douze clients au cul. Et je dois dire que nous avons été particulièrement gâtés cette année. En juillet, la montagne Corse a essuyé 14 journées d’orage* contre une moyenne habituelle de… 2 ! C’est dire ! A mon arrivée à Zonza*, Mat et Foué* n’avaient à la bouche qu’un gros grain esssuyé à la Purcaraccia avec évacuation sur le sentier au péril de la foudre pour « la Masse », pendant que le jeune moniteur Blanchard fonçait dans la fissure de réchappe au grand rappel* du haut. Un moment épique et terrorisant à les entendre. Je n’allais pas tarder à goûter aux joies de ces furies naturelles moi-même…

Souvent cet été, une dégradation orageuse était annoncée « à partir de la mi-journée », pour reprendre l’expression fétiche de Météo France Ajaccio.

« Il faudra profiter de la montagne le matin. Forte évolution diurne. Dès la mi journée, le ciel se couvre et la tendance orageuse se précise. Fortes rafales de vent, averses violentes, grêle. Foudre intense. Attention à l’activité électrique… ». Nous l’avons entendue un paquet de fois cette rengaine. Parfois, nous avons annulé des journées, souvent nous sommes partis plus tôt, tous en direction de la Purca histoire de ne pas être coincé dans la section engagée de la Vacca*.


C’est sûr, avec un débit pareil, ça fait moins rire…



Il n’était pas rare que le ciel se charge rapidement, puis décharge pacifiquement, faisant croire à un orage qui n’arrivait finalement jamais. Un beau jour (ou plutôt un mauvais jour) cependant, les cumulonimbus tinrent leurs promesses : pas de quartier ! Ciel chargé dès 11h du matin, l’apocalypse s’est abattue sur nous vers midi. Mat et moi, nos deux groupes, unissons nos forces. Mat était en train de faire descendre du monde au dernier gros rappel* de la Purcaraccia. Je l’évite et redescend par le sentier avec mes clients, conseillant fortement à quelques grappes de touristes en pleine ascension de se barrer au plus vite. J’entends encore la phrase suivante, émanant d’une petite fille d’une huitaine d’années, nu pieds et en monokini :

« On va pas redescendre maintenant qu’on a tout monté hein Papa ? »
- Non non, ça va aller.

Et la petite famille de continuer son chemin, sous le grondement du tonnerre…
Au pied du rappel*, je récupère ceux du groupe de Mat qui sont déjà en bas. Je pars avec mon gros cheptel nouvellement constitué pour torcher en vitesse les deux derniers toboggans, dont le fameux « toboggan de la mort » qui fait la partie « frisson » de ce canyon. Seul, j’aurais filé, mais il faut bien contenter les clients. Mat nous rejoindra juste après avec les quelques personnes qui étaient encore sur les cordes lors du déclenchement des hostilités.

La foudre s’abat de plus en plus près de nous, dans un vacarme toujours plus assourdissant. Le ciel est noir, il tombe des cordes, il se met à grêler. Nous filons nous mettre à l’abri sous le gros bloc protecteur situé à la fin de la partie haute du canyon, en rive droite. Bientôt, nos deux groupes sont en sécurité, et nous sommes rejoints par Patrice, un autre moniteur, et ses clients.

Tout le monde a gardé sa combinaison, donc personne n’a trop froid. Une bonne ambiance s’installe, les gens discutent, mangent, rient. Ils sont en sécurité. En vingt minutes à peine, le ruisseau de Purcaraccia est méconnaissable. Les aiguilles de granite compact et étanche ont fait déversé des tonnes de flotte, des canyons se sont crées de partout : le niveau d’eau monte très rapidement. Nous savons que quelques randonneurs sont encore coincés au dessus, soit par manque de temps pour descendre, soit par imprudence « délibérée ». Maintenant que nos clients sont hors de danger, Mat, Patrice et moi décidons de remonter chercher ces imprudents. Nous repartons, une corde autour du cou, vers le haut du canyon. Traverser la rivière est déjà un peu problématique pour nous, le courant a tellement forci ! On imagine déjà le retour avec les touristes…

En redécouvrant le canyon au pas de course sous la tempête, on a le temps d’évaluer les ravages causés en une demi heure : le débit est multiplié par 100 ! La grande dalle de la seconde cascade s’est transformée en immense rideau d’eau, la section de blocs entre le premier grand rappel* et le toboggan « chenille » n’existe plus : c’est désormais une immense marmite grisâtre ! Le débit dans le boyau ne donne pas envie d’y faire un tour, les cascades sont d’une rare violence. Dans le rappel arrosé*, au niveau du replat, un jet surpuissant part à l’horizontale et vient s’écraser dans la conque granitique, 10m à gauche : impressionnant ! Le piège se refermerait facilement sur les téméraires qui s’aventureraient dans de telles conditions dans le canyon.

Nous séparant au fil des rencontres, nous retrouvons au total une quinzaine de « naufragés », arc boutés sous les arbustes, frigorifiés et terrorisés. Les enfants tremblent de froid et pleurent, tout comme certaines mamans. Les pères ne font pas les fiers à bras… Je retrouve la petite famille à qui j’avais fortement conseillé de descendre, alors que je menais mon groupe tambour battant vers la sortie du canyon. Je ne comprendrais jamais pourquoi des touristes en sandales et non expérimentés ne se doutent de rien quand trois groupes de professionnels équipés s’enfuient en leur conseillant d’en faire autant…

« Vous avez bien fait de rester, hein, finalement ! »

lance-je, avec humour noir, au père de famille, penaud. Les inconscients ne se font pas prier pour me suivre, heureux de ne plus être seuls. Mat, de son côté, a également repêché une famille de cinq, quant à Patrice, il a enveloppé une gamine devenue bleue de froid dans sa couverture de survie. Nous regagnons ensemble le lit de la rivière, où j’installe une corde pour traverser. Mat et Patrice, portant des enfants, s’avancent, pendant que les touristes, pendus à la corde, tentent de ne pas se faire embarquer par le courant, avec de l’eau montant par endroits jusqu’au bide (où l’on se trempait à peine les pieds le matin même). Tout le monde arrivera à bon port sous le bloc.

Une heure et demi plus tard, lors d’une accalmie, nous retendrons une corde pour repasser rive gauche et filer sur le sentier de retour. Deux pompiers grassouillets restés sagement près de leur camion ont envoyé Seb, un autre BE, muni d’une radio, voir si tout allait bien ! Nous leur affirmons que tout est ok, le secteur est « nettoyé ». Un bon souvenir finalement pour nos clients, une bonne leçon pour les imprudents, et une certitude pour nous : « Quand l’orage tonne, si tu restes, tu déconnes ».