Les voisins, les badauds, tout le monde était surpris par l'ampleur qu'a pris l'événement. Un quartier tranquille transporté par la liesse populaire, voilà longtemps qu'on avait pas vu ça dans la capitale Alpine. Des cris de joie retentissaient jusque tard dans la nuit, des "Hiiiiiiiin !", des "Baaaaaaase !", des "Makapuf !" ou autres "Et biiiiiiim !" fusaient tels les jets colorés des feux d'artifice du 14 juillet.
Certains hommes politiques au creux de la vague ont tenté de surfer sur la "Jouimania" pour remonter dans les sondages, mais ils en ont été pour leurs frais. Ainsi un certain Dominique, le Richard Gere français du gouvernement, a-t-il été repoussé par les services d'ordre alors qu'il tentait de faire dédicacer son exemplaire de Lansb-Mag par l'idole Autranaise.
De son côté, au coeur de la furia médiatique, l'attaché de presse du G n'a pas eu la partie facile: sa mission était de faire le tri des journalistes habilités à interroger l'athlète sur cette performance qui repousse encore plus loin les limites de la Nimperie. Ze Gaïde, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a distribué les précieux sésames, des "Accréditations Lansb-Mag" avec parcimonie et discernement.
Les amis les plus proches de Fanfan se sont entassés dans ce petit Kebab du quartier Stalingrad transformé en salle de presse improvisée pour embrasser leur camarade. Pêle-mêle, le Professeur Schnopfler s'est frayé un chemin dans la foule en installant un pare-buffle sur son fauteuil roulant, le "Parrain" de la pègre de l'Or Blanc, Don Volodia, s'est fait déposer en limousine (blanche évidemment), le M du BLMS est arrivé discrètement au guidon de son scooter de livreur de pizzas, Lionel Tassan est venu tout droit de Saint Jacques de Compostelle, etc...
Parallèlement à cela, des télégrammes de félicitations ont afflué de France et de l'étranger, nous vous livrons en exclusivité le contenu des plus marquants:
- "Pardon. J'ai eu tort. Je regrette. Appelle moi. Et bravo !" (Camille X.)
Ah, nous interrompons nos envoyés spéciaux, "El Gouido Skiador" est apparu à la fenêtre... "Il" va s'exprimer ! Silence, silence !
- Marie Drucker (complètement hypnotisée par le regard de crystal du prophète Nimpien): "Euhh... aaah... bonjour M. François... aaaah" (elle s'évanouit).
- Lolo Ferrari (à la limite de l'orgasme passif): "Oui,... euh, ce que vous êtes fort... aaaaah" (elle a un malaise).
Pendant que le L pratique avec vigueur et son équipe de secouristes (zeugma ?) le bouche à bouche salvateur sur les deux malheureuses groupies, Stéphane Bern propose de reprendre l'interview.
Stéphane Bern: "Bonjour Monseigneur Jouy, bonjour, alors, Prince, Prince ! ... Aaaah, ce qu'il est beauuuuu !" (il tombe dans les pommes).
Aussitôt, Marc O. Fogiel, autre animateur présent, se rue sur son homologue à la coupe de caniche pour le ranimer via un bouche à bouche effréné. Ca tombe bien, le L se la sentait pas trop celle là...
Finalement, et contre toute attente, l'icône du ski Grenoblois réajuste le col de sa chemise Saint Laurent, réausse ses épaules pour recentrer son costume Armani, remonte ses Ray-Ban sur sa chevelure blonde et prend la parole. Le silence se fait instantanément. Quelques femmes ont le souffle court. Certains, même, se signent.

- Euh, voilà, c'est tout.
Le public ne réagit pas de suite à ces informations de première importance. C'est d'abord l'incrédulité, puis les larmes montent aux yeux des plus jeunes. L'émotion gagne l'ensemble de la foule. Un homme crie de joie. C'est le début de l'hystérie, il est suivi par les milliers de gens reunis là. La nuit ne fait que commencer...