"Le soleil a tant fait l'amour à la mer qu'ils ont enfanté la Corse". Belle phrase pour décrire ce qui est en toute objectivité la plus belle ile du monde. La montagne au milieu de la mer. Des plages de sable fin, des criques d'un turquoise irréel, des aiguilles de granite rose, des ports de pêche d'un autre temps, des villages aux traditions ancestrales, cette terre possède tout. Et l'été, les touristes ne s'y trompent pas, bravant la mauvaise réputation souvent usurpée (parfois méritée également, soyons francs) de l'accueil insulaire. Cette année, certaines malheureuses l'ont payé le prix fort...
Pourquoi cette tirade sur l'île de Beauté ? Tout simplement parce qu'en 2006, le rêve Corse s'est retrouvé confronté au cauchemar des tueurs en série... Le macabre engrenage a débuté à la mi-juillet, pour ne s'arrêter qu'à la fin août. Profil des victimes: 20-25 ans, de sexe féminin, blonde, parlant Suédois ou Hollandais, mannequin de profession. Signe particulier: sportive, avec un goût prononcé pour le canyoning. Lieu des crimes: dans un rayon de 30km autour du col de Bavella. Le rite immuable et le profil unique des victimes ont rapidement aiguillé les enquêteurs du SRPJ d'Ajaccio sur la piste d'un seul et même tueur. Les victimes ayant toutes, nous l'avons dit, une pratique amateur du canyon, les hommes du RAID se sont déployés aux abords des rivières de la Purcaraccia et de la Vacca. Et la bête sanguinaire fut prise en flagrant délit...
Sortie de canyon, 15h. Un groupe accompagné d'un certain Monsieur L., moniteur d'escalade officiant à Zonza, rejoint les voitures. Une grande et belle Allemande de son groupe, sous contrat avec l'agence Elite, s'effondre d'un coup. Intervention du RAID qui neutralise rapidement Monsieur L., lui même étant sur le point de commettre l'irréparable en dégainant sa maigre trousse de secours. Avant de succomber, Elena (oui c'était son petit nom) a eu le temps de dénoncer son bourreau: "Ach, ze mec est beau à mourir ! Z'est ein Killer ! Trop top ze Kanyon... Aaach". Les carottes étaient cuites pour Monsieur L.
L'importance de l'affaire a nécessité un transfert immédiat sur le continent, sous haute surveillance. Le L a été mis en examen pour homicide volontaire, regard de braise et sourire ravageur. Il est actuellement incarcéré à la maison d'arrêt de XEROX, à Grenoble, au QHS (Quartier pour les Hommes Superbes). Ses droits de visite sont réglementés, il ne voit pratiquement pas le soleil de la journée.
L'avocat du L. est un ex-homme de main de la pègre Valentinoise, repenti: maître Neski, qui avait déjà défendu un compagnon d'armes du L, un certain monsieur B. (inculpé alors pour "envoûtement de jeunes asiatiques"), a d'ores et déjà appliqué les mêmes recettes. Pour monsieur B., maître Neski avait fait fort: il avait conçu un enscens de désenvoûtement baptisé "Rouge", de "Polaire", une parfumerie Voreppine. Effet radical sur les victimes du B. Ici, maître Neski, dit "le Collard du pauvre", "le Vergès des SDF", ou encore "le Klarsfeld des banlieusards", a fait appel à la maison parisienne Lolita Lempicka, de renommée internationale. En très peu de temps, les "nez" de la boutique ont mis au point un parfum imparable pour consoler les "victimes potentielles" du dangereux malfrat: baptisé tout simplement "L", ses arômes sont puissants et énigmatiques: jugez plutôt:

Lolita Lempicka traite le mal par le mal: tout le charisme du L mis en bouteille pour éviter un nouveau carnage.
Rodomontades, balivernes que tout ceci ? Rien n'est plus sérieux, affirme sans se démonter Neski au cours d'une interview à paraître dans "Rouquin Hebdo".
Avec "L, une nouvelle ode à la féminité", c'est un peu de rêve, un peu de BLMS, qui devient accessible à chacune."On ignore encore tout du procès qui s'ouvrira fin décembre et où le L devrait plaider l'acquittement. Dans ce cas, il serait libéré de XEROX pour les fêtes de fin d'année. Les jurés en décideront. En attendant, le L reste en cellule à XEROX, Grenoble... et cela vaut mieux pour les jeunes mannequins !















